Cotisations & Charges
Exonération JEI/JEU/JEC 2026 : guide social
Découvrez le guide complet 2026 sur l'exonération de charges pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI), Universitaires (JEU) et de Croissance (JEC).
22 min de lecture
Verification editoriale du 12 juillet 2026. Le regime JEI/JEU/JEC a ete recoupe avec le BOSS, Service-Public Entreprendre et le BOFiP JEI . Les plafonds sociaux 2026 doivent etre controles avec le SMIC applicable a la periode de paie : les exemples au 1er janvier 2026 ne doivent pas etre reutilises tels quels apres une revalorisation du SMIC sans recalcul.
Les développements de la présente rubrique portent uniquement sur les exonérations appliquées sur les cotisations et les contributions sociales. Les modalités relatives aux exonérations fiscales prévues pour les JEI, les JEU et les JEC sont présentées dans le Bulletin Officiel des Finances publiques.
Une petite ou moyenne entreprise (PME) qui remplit les conditions présentées dans la présente rubrique constitue une jeune entreprise innovante (JEI), une jeune entreprise universitaire (JEU) ou une jeune entreprise de croissance (JEC) au sens de la présente rubrique.
Elle peut bénéficier, sous conditions, d'exonérations fiscales et sociales spécifiques pour une durée déterminée. Les dispositions applicables aux JEI présentées dans la présente rubrique s’appliquent dans les mêmes conditions aux JEU et aux JEC, sauf disposition contraire explicite.
Est qualifiée de JEI l’entreprise remplissant simultanément, à la clôture de chaque exercice au titre duquel elle souhaite appliquer l’exonération, les conditions détaillées dans la présente section.
Si au cours d'une année civile l'entreprise ne satisfait plus à l'une des conditions requises pour être qualifiée de JEI, elle perd le bénéfice de l'exonération prévue pour l'année considérée et pour les années suivantes tant qu'elle ne satisfait pas à nouveau à l'ensemble de ces conditions.
Elle peut bénéficier de nouveau de l’exonération à compter du 1er janvier de l’année civile au titre de laquelle elle satisfait de nouveau aux conditions requises pour être qualifiée de JEI. À ce titre, l’entreprise peut bénéficier d’une exonération de cotisations sociales patronales dans les conditions détaillées dans la présente rubrique. Cette exonération de cotisations patronales s’applique aux revenus d’activité pris en compte pour la détermination de l'assiette des cotisations définie à l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale ainsi que pour la détermination de l'assiette des cotisations définie à l'article L. 741-10 du code rural et de la pêche maritime.
A. Conditions communes d’éligibilité au statut de JEI, de JEU ou de JEC
Seules les petites et moyennes entreprises (PME) sont éligibles à l’exonération de cotisations sociales. Par conséquent, pour en bénéficier, les employeurs doivent employer moins de 250 salariés et réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros ou présenter un bilan inférieur à 43 millions d’euros.
Pour l'appréciation du seuil de 250 salariés, l'effectif correspond au nombre moyen de salariés employés dans la JEI, ou tous établissements confondus, au cours de chaque exercice. Les salariés employés dans le cadre d'un contrat de travail à temps partiel sont décomptés au prorata du nombre d'heures de travail prévu dans leur contrat de travail, heures complémentaires comprises, sur la durée du travail à temps plein applicable dans l'établissement et appréciée sur la même période.
Articles L. 1111-2 , Articles L. 1111-3 , Article L1251-54 , Article 5 du décret n° 2004-581 du 21 juin 2004 modifié par le décret n° 2014-1179 du 13 octobre 2014
Pour bénéficier de l’exonération de cotisations sociales, les PME éligibles au dispositif doivent également satisfaire les critères suivants :
- une part minimale de 50 % du capital de l’entreprise est détenue de manière continue par :
une société satisfaisant les mêmes critères d'effectif et de chiffre d'affaires ou de total de bilan que ceux imposés à l'entreprise prétendant à la qualification de JEI, et dont le capital est détenu pour 50 % au moins par des personnes physiques ;
des sociétés de capital-risque, des fonds communs de placement à risques, des fonds professionnels spécialisés, des fonds professionnels de capital investissement, des sociétés de libre partenariat, des sociétés de développement régional, des sociétés financières d'innovation ou des sociétés unipersonnelles d'investissement à risque. Aucun lien de dépendance (12 de l’article 39 du code général des impôts) ne doit exister entre la société en cause et ces dernières sociétés ou ces fonds ;
des fondations ou associations reconnues d'utilité publique à caractère scientifique ;
une société qualifiée elle-même de jeune entreprise innovante réalisant des projets de recherche et développement ;
des établissements publics de recherche et d'enseignement ou leurs filiales ;
- ne pas avoir été créées dans le cadre d’une concentration, d’une restructuration, d’une extension d’activités préexistantes ou d’une reprise de telles activités.
L’intégralité de ces conditions doivent être remplies simultanément à la clôture de chaque exercice pour que l’entreprise soit qualifiée de JEI.
article 13 de la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003 de finances pour 2004 , article 44 sexies-0-A du code général des impôts
Afin de réduire les risques d’une régularisation négative, l’exonération de cotisations patronales peut être appliquée chaque mois civil à moins de 250 salariés éligibles au maximum. Sont pris en compte les salariés dont le contrat de travail est en cours d’exécution ou suspendu au premier jour du mois civil au titre duquel s’applique l’exonération. Les salariés employés dans le cadre d’un contrat de travail à temps partiel sont décomptés au prorata du nombre d’heures de travail prévu dans leur contrat de travail, heures complémentaires comprises, sur la durée du travail à temps plein applicable dans l’établissement et appréciée sur la même période.
Une régularisation doit être effectuée par l’employeur au moyen de ses déclarations sociales au plus tard dans les 3 mois qui suivent la clôture de l’exercice au titre duquel l’exonération a été appliquée en fonction de l’effectif moyen de l’exercice écoulé.
Décret n° 2004-581 du 21 juin 2004 modifié par le décret n° 2014-1179 du 13 octobre 2014
B. Conditions spécifiques au statut de JEI
Pour obtenir le statut de JEI, l’entreprise doit, en plus des conditions énumérées au A de la présente section 1, satisfaire les critères suivants :
pour les entreprises créées au plus tard le 31 décembre 2022 : avoir été créées depuis moins de 11 ans ;
pour les entreprises créées depuis le 1er janvier 2023 : avoir été créées depuis moins de 8 ans ;
réaliser des dépenses de recherche représentant au moins 20 % des charges fiscalement déductibles.
Les dépenses de recherche sont définies aux a à g du II de l’article 244 quater B et au 1 du A du II de l’article 244 quater B bis du code général des impôts. Pour le calcul du ratio de 20 %, les pertes de change et les charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement fiscalement déductibles au titre de l’exercice sont exclues du total des charges. Les charges engagées auprès d'autres JEI ne sont pas non plus prises en compte.
Pour les entreprises dont l’exercice est clos avant le 1er mars 2025, la condition tenant à la réalisation de dépenses de recherche demeure celle antérieurement applicable, à savoir des dépenses représentant entre 5 et 15 % des charges fiscalement déductibles.
Article 44 sexies-0-A 3° a. du code général des impôts
C. Conditions spécifiques au statut de JEU
Pour obtenir le statut de JEU, l’entreprise doit, en plus des conditions énumérées au A de la présente section 1, satisfaire les critères suivants :
pour les entreprises créées au plus tard le 31 décembre 2022 : avoir été créées depuis moins de 11 ans ;
pour les entreprises créées depuis le 1er janvier 2023 : avoir été créées depuis moins de 8 ans ;
être dirigée ou détenue directement à hauteur de 10 % au moins par un ou plusieurs étudiants, une personne diplômée d’un master ou d’un doctorat depuis moins de 5 ans, un enseignant ou un chercheur : ces dirigeants ou ces associés doivent avoir participé aux travaux de recherche valorisés par la JEU au cours de leur scolarité ou dans l'exercice de leurs fonctions au sein d'un établissement d'enseignement supérieur habilité à délivrer un diplôme conférant au moins le grade de master ;
avoir comme activité principale la valorisation de travaux de recherche réalisés ;
avoir conclu une convention avec un établissement d’enseignement supérieur.
Article 44 sexies-0 A 3° b du code général des impôts
D. Conditions spécifiques au statut de JEC
Pour obtenir le statut de JEC à partir du 1er juin 2024 , l’entreprise doit, en plus des conditions énumérées au A de la présente section 1 :
• Avoir été créées depuis moins de 8 ans ;
• Réaliser des dépenses de recherche représentant entre 5 % et 20 % des charges fiscalement déductibles et dont le montant est au moins égal à celui de l’exercice précédent (l’exercice est ramené ou porté, le cas échéant, à 12 mois).
Les dépenses de recherche sont définies aux a à g du II de l’article 244 quater B et au 1 du A du II de l’article 244 quater B bis du code général des impôts. Pour le calcul du ratio, les pertes de change et les charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement fiscalement déductibles au titre de l’exercice sont exclues du total des charges. Les charges engagées auprès d'autres JEC ou JEI ne sont pas non plus prises en compte.
• Doubler son effectif, qui doit augmenter d’au moins 10 salariés en équivalents temps plein, par rapport à l’effectif constaté à la clôture de l’antépénultième exercice. L’effectif est calculé selon les modalités prévues aux articles L. 1111-2, L. 1111-3 et L. 1251-54 du code du travail.
En 2025, une entreprise créée en 2020 a 250 000 € de charges fiscalement déductibles et engage des dépenses de recherche à hauteur de 25 000 € (soit 10 % des charges fiscalement déductibles), comme c’était déjà le cas en 2024. Cumulativement, elle compte 50 ETP. Elle comptait 25 ETP en 2022, soit deux fois moins qu’en 2025 et avec une augmentation de plus de 10 ETP entre temps. L’entreprise peut prétendre à l’exonération JEC à partir du 1er janvier 2025.
Pour les entreprises dont l’exercice est clos avant le 1er mars 2025, la condition tenant à la réalisation de dépenses de recherche demeure celle antérieurement applicable, à savoir des dépenses représentant entre 5 et 15 % des charges fiscalement déductibles.
Article 44 sexies-0-A 3° c. du code général des impôts , Article 49 Q de l’annexe III au code général des impôts
L’exonération s’applique, sur la totalité de la période de bénéfice, aux revenus d’activité pris en compte pour la détermination de l'assiette des cotisations définie à l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale ainsi que pour la détermination de l'assiette des cotisations définie à l'article L. 741-10 du code rural et de la pêche maritime des personnels impliqués dans des activités de recherche et développement (R&D) au titre desquels l'employeur est soumis à l'obligation prévue à l'article L. 5422-13 du code du travail , à savoir :
les chercheurs, cadres dans l'entreprise, qui sont les scientifiques ou les ingénieurs travaillant à la conception ou à la création de connaissances, de produits, de procédés, de méthodes ou de systèmes nouveaux. Sont assimilés aux ingénieurs les salariés qui, sans posséder un diplôme d'ingénieur, ont acquis cette qualification au sein de leur entreprise ;
les techniciens, qui sont les personnels travaillant en étroite collaboration avec les chercheurs pour assurer le soutien technique indispensable aux travaux de recherche et de développement et qui, notamment, préparent les substances, les matériaux et les appareils pour la réalisation d'essais et d'expériences, prêtent leur concours aux chercheurs pendant le déroulement des essais et des expériences ou les effectuent sous le contrôle de ceux-ci, ont la charge de l'entretien et du fonctionnement des appareils et des équipements nécessaires à la recherche et au développement ;
les gestionnaires de projet de recherche et développement (R&D), cadres dans l'entreprise, qui ont en charge l'organisation, la coordination et la planification du projet dans ses aspects administratif, financier et technologique ;
les juristes chargés de la protection industrielle et des accords de technologie liés au projet, cadres dans l'entreprise, qui ont la charge de l'élaboration, du dépôt, de la gestion et de la défense des titres de propriété industrielle, des accords juridiques de toute nature liés au projet, et notamment aux transferts de technologies ;
les personnels chargés de tests pré-concurrentiels, qui conçoivent, réalisent ou font réaliser des tests techniques nécessaires au développement ou à la mise au point du produit ou du procédé ;
le personnel affecté directement à la réalisation d’opérations de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits tels que définis au 6° du k du II de l’article 244 quater B du code général des impôts.
Le bénéfice de l’exonération au titre d’un salarié est considéré comme acquis dès lors que la moitié de son temps de travail au moins est consacrée à un ou à des projets de recherche et de développement. En-deçà de ce seuil, les employeurs pourront être conduits à justifier de la correcte application de l’exonération, au regard notamment de la quotité de travail consacrée par le salarié aux activités de recherche et développement dans leur entreprise. Il s’agira de vérifier que les activités éligibles constituent l’activité principale du salarié. L’exonération est également applicable au titre des mandataires sociaux de l’entreprise qui relèvent du régime général de sécurité sociale ou du régime agricole dès lors qu’ils participent, à titre principal, au projet de R&D de l’entreprise ou à la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits tels que définis au 6° du k du II de l'article 244 quater B du code général des impôts.
Les mandataires sociaux potentiellement concernés sont :
les gérants minoritaires de sociétés à responsabilité limitée et de sociétés d’exercice libéral à responsabilité limitée,
les présidents-directeurs et directeurs généraux de société anonyme,
les présidents et dirigeants de sociétés par actions simplifiées.
Le mandataire social est réputé éligible à l’exonération s'il exerce à titre principal, dans l’entreprise, une activité de recherche ou une activité de gestion de ce projet. Pour vérifier le respect de cette condition, il est notamment possible de prendre en compte la quotité de travail consacrée par les mandataires sociaux aux activités éligibles. L’exonération JEI appliquée au titre de salariés et mandataires sociaux peut être vérifiée en cas de contrôle. Il appartiendra à l’employeur et aux mandataires de présenter les éléments justifiant que l’activité exercée est éligible à l’exonération. Celle-ci pourra être remise en cause si l’activité ne correspond pas à celles rappelées dans la présente section.
Article 131 de la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003 de finances pour 2004 ,
L’employeur ne peut pas, au titre d’un même salarié et pour une même période d’activité, bénéficier de l’exonération de cotisations patronales JEI s’il bénéficie par ailleurs pour la rémunération de ce même salarié et pour la même période d’activité, d’un des dispositifs suivants :
une autre exonération totale ou partielle de cotisations patronales, y compris la réduction générale de cotisations et contributions patronales (à l’exception de la déduction forfaitaire sur les heures supplémentaires prévue à l’article L. 241-18 du code de la sécurité sociale) (voir le bloc Allègements et exonération ),
l’application de taux spécifiques, d’assiettes ou de montants forfaitaires de cotisations (voir la rubrique Assiette générale ).
Cette règle de non-cumul au titre d’un même salarié, pour lequel l’employeur appliquerait déjà une exonération spécifique, n’empêche pas l’application de l’exonération de cotisations patronales JEI pour les autres salariés de la JEI qui satisfont aux conditions d’éligibilité.
Article 131 de la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003 de finances pour 2004
Section 1 - Nature des cotisations exonérées
L’exonération porte sur les cotisations à la charge de l’employeur dues au titre de l’assurance maladie, maternité, invalidité et décès, de l’assurance vieillesse de base et des allocations familiales.
Cotisations d’assurance maladie, maternité, invalidité et décès
Cotisation d’assurance vieillesse (plafonnée et déplafonnée)
L’exonération de cotisations sociales est applicable chaque mois dès le début de l’exercice dès lors que l’entreprise satisfait les conditions requises pour en bénéficier. L’exonération dont peuvent bénéficier les salariés et mandataires sociaux éligibles est applicable sur la part de rémunération inférieure à 4,5 fois le salaire minimum de croissance. La limite de 4,5 SMIC est appréciée en multipliant cette valeur par le nombre d’heures rémunérées au cours du mois.
Pour les mandataires sociaux éligibles, qui par ailleurs disposent d’un contrat de travail salarié au sein de la JEI, l’exonération est calculée sur la base de chacune des rémunérations perçues. Le nombre total d’heures rémunérées pris en compte ne peut pas excéder la durée légale du travail calculée sur le mois. Autrement, seule la durée de travail figurant au contrat de travail est prise en compte.
Article 131 de la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003 de finances pour 2004 , décret n° 2004-581 du 21 juin 2004 modifié par le décret n° 2014-1179 du 13 octobre 2014
Section 3 - Modalités de calcul du nombre d’heures rémunérées pour la détermination du plafond mensuel de l’exonération
L’assiette de calcul s'entend de la rémunération versée au salarié éligible, proratisée en fonction de la durée de travail prévue par son contrat. Exemple :
Un salarié a effectué 151,67 heures rémunérées au cours du mois. La limite d’exonération pour ce salarié est ainsi déterminée : SMIC horaire x 4,5 x nombre d’heures rémunérées soit :
12,02 € x 4,5 x 151,67 h = 8 203,83 € (valeur au 1er janvier 2026)
L’exonération peut être appliquée à la part de rémunération du salarié éligible inférieure à ce plafond.