Arrêt maladie : Traitement complet en paie (IJSS, maintien, subrogation)
Le guide ultime pour traiter un arrêt maladie en paie. Calcul des IJSS, maintien de salaire, subrogation... Avec exemples de bulletins.
La loi change en 2026 ! Découvrez comment l'acquisition de congés payés pendant un arrêt maladie impacte salariés et employeurs. Guide complet.

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L'année 2026 marque un tournant décisif pour la gestion de la paie et des ressources humaines en France. Suite à une série d'arrêts retentissants de la Cour de cassation en septembre 2023, alignant enfin le droit français sur la jurisprudence européenne, les règles d'acquisition des congés payés (CP) pendant les arrêts maladie ont été profondément remaniées. Une loi d'adaptation a été promulguée en avril 2024 pour transposer ces principes, et ses pleins effets se feront sentir sur les bulletins de paie et les processus RH en 2026. Cet article vous offre un guide complet pour comprendre et appliquer ces nouvelles dispositions, que vous soyez employeur, gestionnaire de paie ou salarié.
Fini le temps où un arrêt pour maladie non professionnelle signifiait une perte sèche de droits à congés. La nouvelle législation consacre un principe de justice sociale : le droit au repos n'est plus conditionné à une période de travail effectif ininterrompue. Cette évolution, bien que positive pour les salariés, impose aux entreprises une vigilance accrue et une mise à jour de leurs pratiques. De la rétroactivité des droits au calcul des indemnités, en passant par les nouvelles obligations d'information, nous décortiquerons pour vous tous les impacts de cette réforme majeure.
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Jusqu'en septembre 2023, le Code du travail français (article L3141-5) était en contradiction directe avec le droit de l'Union Européenne, notamment la directive 2003/88/CE sur le temps de travail et la Charte des droits fondamentaux de l'UE. Le principe était simple : seuls les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle (AT/MP) dans la limite d'un an permettaient d'acquérir des congés payés. Les arrêts pour maladie "ordinaire" (non professionnelle) n'ouvraient aucun droit.
La Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) a constamment rappelé que cette distinction était discriminatoire et que le droit au congé payé annuel était un principe du droit social de l'Union d'une importance particulière. Face à l'inertie du législateur français, la Cour de cassation a opéré un revirement de jurisprudence spectaculaire le 13 septembre 2023, décidant d'écarter les dispositions du Code du travail non conformes au droit européen.
Cette décision a créé une période d'incertitude juridique, à laquelle la loi du 22 avril 2024 est venue mettre un terme en modifiant officiellement le Code du travail. L'année 2026 est donc la première année pleine où ces règles, désormais stabilisées, s'appliquent sans ambiguïté.
Pour visualiser l'ampleur du changement, voici un tableau synthétique des règles applicables avant et après la réforme.
| Situation du Salarié | Régime Avant la Loi (jusqu'à fin 2023) | Régime Depuis la Loi (Applicable en 2026) |
| Arrêt Maladie Non Professionnelle | 0 jour de CP acquis | 2 jours ouvrables de CP acquis par mois (soit 24 jours/an) |
| Arrêt pour AT/MP | 2,5 jours ouvrables de CP/mois (limité à 1 an d'arrêt) | 2,5 jours ouvrables de CP/mois (sans limite de durée) |
| Report des Congés Non Pris | Report possible uniquement si prévu par accord collectif | Droit au report sur une période de 15 mois après le retour |
| Prescription des Droits | 3 ans (délai de droit commun) | 2 ans pour les actions en justice liées aux congés (forclusion) |
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La loi a clarifié et uniformisé les droits des salariés en arrêt maladie. Il est crucial de bien distinguer deux situations : la maladie d'origine non professionnelle et celle d'origine professionnelle.
C'est la principale innovation. Désormais, les périodes d'arrêt pour maladie n'ayant pas une origine professionnelle sont assimilées à du temps de travail effectif pour le calcul des congés payés, mais à un rythme différent du droit commun.
Point de Vigilance : La 5ème semaine de congés payés, spécificité française, n'est pas acquise pendant un arrêt maladie non professionnel, sauf si un accord d'entreprise ou de branche plus favorable le prévoit.
Exemple Chiffré Concret :
Un salarié est en arrêt maladie non professionnelle du 1er janvier 2026 au 30 juin 2026 (6 mois complets).
La différence de 3 jours correspond à la part de la 5ème semaine non acquise.
Pour les arrêts liés à un AT/MP, la situation est encore plus favorable pour le salarié, car la loi a supprimé une restriction importante.
Exemple Chiffré Concret :
Une salariée est en arrêt pour accident de trajet du 1er février 2025 au 31 mai 2026 (16 mois).
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Acquérir des congés est une chose, pouvoir les prendre en est une autre. La loi a instauré un mécanisme de report encadré pour éviter que les salariés ne perdent leurs droits durement acquis.
Lorsqu'un salarié revient d'un arrêt maladie (quelle qu'en soit la cause), il ne peut pas toujours poser immédiatement les congés qu'il a accumulés, surtout si la période de prise des congés est déjà terminée.
La loi crée une période de report de 15 mois pendant laquelle le salarié peut utiliser ses congés acquis. Ce délai commence à courir à une date précise :
Point de Vigilance : Si l'employeur omet d'informer le salarié, la période de report de 15 mois ne commence pas à courir. Le salarié conserverait alors ses droits jusqu'à l'expiration du délai de prescription de l'action en justice (2 ans après la fin de la période légale de prise des congés).
Qu'advient-il si un salarié est en arrêt maladie pendant plusieurs années, couvrant intégralement une ou plusieurs périodes d'acquisition de congés ?
Ce mécanisme vise à éviter une accumulation infinie de droits pour les salariés en arrêts de très longue durée.
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La question de la rétroactivité a été le point le plus sensible pour les employeurs. La loi a tenté de trouver un équilibre entre la reconnaissance des droits passés des salariés et la sécurité juridique des entreprises.
Pour les arrêts survenus avant le 1er décembre 2009, aucune réclamation n'est possible.
Pour la période allant du 1er décembre 2009 à la promulgation de la loi en 2024, les salariés peuvent réclamer les congés non acquis. Cependant, la loi a introduit un délai de forclusion de 2 ans à compter de son entrée en vigueur. Concrètement, les salariés ont jusqu'à avril 2026 pour intenter une action en justice et réclamer leurs droits passés.
Point de Vigilance pour les Employeurs : Il est crucial d'évaluer le passif social potentiel. Un audit des absences passées peut être nécessaire pour provisionner les risques financiers liés aux éventuelles demandes de rappel de congés payés ou d'indemnités compensatrices.
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Pour vous assurer d'être en parfaite conformité avec la nouvelle législation, voici une checklist des actions à mener :
- Créer de nouveaux compteurs de congés pour l'acquisition pendant la maladie non professionnelle (2 jours/mois).
- Supprimer la limite d'un an pour l'acquisition en cas d'AT/MP.
- Assurer le suivi des périodes de report de 15 mois.
- Mettre en place un système de notification automatique au salarié (dans le mois suivant sa reprise) sur ses droits à congés et la période de report.
- Former les managers sur ces nouvelles règles pour qu'ils puissent répondre aux questions des équipes.
- Identifier les salariés ayant eu des arrêts maladie non professionnels longs par le passé.
- Calculer le passif social potentiel et envisager une provision comptable.
- Préparer une stratégie en cas de contentieux (négociation ou défense).
- Rédiger une note d'information claire expliquant les nouvelles règles.
- Mettre à jour le livret d'accueil ou l'intranet de l'entreprise.
- S'assurer qu'aucune disposition de vos accords n'est moins favorable que la nouvelle loi. Si des dispositions plus favorables existent (ex: acquisition de 2,5 jours/mois en toute circonstance), elles continuent de s'appliquer.
En conclusion, la réforme de l'acquisition des congés payés pendant les arrêts maladie est bien plus qu'une simple mise à jour technique. Elle incarne une avancée sociale majeure qui nécessite une adaptation rigoureuse de la part des entreprises. En anticipant ces changements et en mettant en place les processus adéquats dès maintenant, vous vous assurez une gestion sereine et conforme pour 2026 et au-delà.

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Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
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