La subrogation : Guide complet pour ne plus se tromper
Qu'est-ce que la subrogation ? Comment la mettre en place ? Comment la traiter en paie ? Toutes les réponses dans ce guide pratique.
Le guide ultime pour traiter un arrêt maladie en paie. Calcul des IJSS, maintien de salaire, subrogation... Avec exemples de bulletins.
L'accident du travail (AT) est un événement soudain et imprévu survenant par le fait ou à l'occasion du travail, causant une lésion corporelle. Au-delà de l'aspect humain, sa gestion en paie est un processus complexe qui requiert une grande rigueur. Une erreur peut avoir des conséquences financières importantes pour l'entreprise et le salarié. Cet article a pour vocation de vous guider pas à pas dans le traitement en paie d'un accident du travail, en vous fournissant des explications claires, des exemples concrets et les meilleures pratiques à adopter en 2026.
Le saviez-vous ? La qualification d'un accident en tant qu'"accident du travail" ouvre droit à une protection et une indemnisation spécifiques pour le salarié, bien plus avantageuses que celles d'un arrêt maladie classique.
La première étape, cruciale, est la gestion administrative de l'accident. Elle conditionne l'ensemble du processus d'indemnisation.
Le salarié dispose de 24 heures (sauf cas de force majeure) pour informer son employeur de l'accident, en précisant les circonstances, le lieu et l'identité des éventuels témoins. Il doit ensuite faire constater ses lésions par un médecin qui établira un certificat médical initial.
Dès qu'il a connaissance de l'accident, l'employeur a l'obligation d'effectuer une Déclaration d'Accident du Travail (DAT) auprès de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) dans les 48 heures ouvrées. Cette déclaration se fait aujourd'hui majoritairement via la DSN (Déclaration Sociale Nominative) ou le portail Net-Entreprises.
Point de vigilance : Le non-respect du délai de 48 heures expose l'employeur à une amende. De plus, l'employeur peut émettre des réserves motivées sur le caractère professionnel de l'accident s'il a des doutes légitimes.
Parallèlement à la DAT, l'employeur doit établir une attestation de salaire. Ce document est indispensable à la CPAM pour calculer le montant des Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS) qui seront versées au salarié. Elle est également transmise via la DSN.
Pendant son arrêt, le salarié ne perçoit plus son salaire, mais des indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale. Leur calcul est spécifique à l'accident du travail.
La base de calcul des IJSS est le salaire journalier de référence. Il est déterminé en prenant le montant du dernier salaire brut perçu avant l'arrêt, divisé par 30,42 (moyenne des jours dans un mois).
Salaire Journalier de Référence = Salaire brut du mois précédant l'arrêt / 30,42
Le montant des IJSS évolue au fil de l'arrêt de travail. Contrairement à l'arrêt maladie, il n'y a aucun délai de carence en cas d'accident du travail. L'indemnisation débute dès le premier jour d'arrêt complet.
| Période d'indemnisation | Taux de l'IJSS | Plafond journalier (2026) |
|---|---|---|
| Du 1er au 28ème jour d'arrêt | 60% du salaire journalier de référence | 240,49 € |
| À partir du 29ème jour d'arrêt | 80% du salaire journalier de référence | 320,65 € |
Bon à savoir : Le montant de l'indemnité journalière ne peut pas dépasser le salaire journalier net du salarié.
En plus des IJSS, le salarié peut bénéficier d'un complément de salaire versé par l'employeur, assurant un maintien total ou partiel de sa rémunération.
La loi de mensualisation impose à l'employeur de maintenir le salaire du salarié en arrêt pour accident du travail, sous certaines conditions :
Le maintien de salaire légal est versé après un délai de carence de 7 jours.
L'employeur verse un complément qui, ajouté aux IJSS, garantit au salarié un pourcentage de sa rémunération brute. Ce pourcentage et la durée de versement varient selon l'ancienneté.
| Ancienneté | Indemnisation à 90% | Indemnisation à 66,66% |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours |
Conseil d'expert : Vérifiez toujours votre convention collective ! Elle prévoit souvent des dispositions plus favorables que la loi : maintien de salaire à 100%, suppression du délai de carence, conditions d'ancienneté plus souples...
La gestion de l'absence et des indemnisations doit apparaître clairement sur le bulletin de paie.
L'employeur peut choisir de pratiquer la subrogation. Cela signifie qu'il avance les IJSS au salarié et les perçoit ensuite directement de la CPAM. Cette pratique simplifie la gestion pour le salarié qui ne reçoit qu'un seul paiement. Pour l'employeur, cela nécessite une trésorerie suffisante.
Le bulletin de paie doit faire apparaître distinctement :
Salarié avec 2 ans d'ancienneté, salaire brut de 2500€, en arrêt AT du 1er au 31 mars 2026.
| Libellé | Base | Taux | Gain | Retenue |
|---|---|---|---|---|
| Salaire de base | 151,67h | 16,48€ | 2500,00€ | |
| Absence accident du travail | 151,67h | 16,48€ | 2500,00€ | |
| Indemnités journalières (subrogation) | 1972,60€ | |||
| Complément employeur | 277,40€ |
Calcul de l'exemple :
Salaire journalier de référence : 2500€ / 30,42 = 82,18€
IJSS (28j à 60% + 3j à 80%) : (28 * 82,18 * 0,60) + (3 * 82,18 * 0,80) = 1380,62€ + 197,23€ = 1577,85€ (Plafonné)
Maintien (90% pendant 30j, carence 7j) : (2500€ / 31j * 24j) * 90% = 1741,93€
Complément = Maintien - IJSS perçues sur la période = 1741,93€ - 1577,85€ = 164,08€ (Simplifié)
La gestion de l'accident du travail ne s'arrête pas avec la fin de l'indemnisation. Le retour du salarié doit être préparé.
Pour tout arrêt de travail d'au moins 30 jours, une visite médicale de reprise auprès de la médecine du travail est obligatoire. Elle doit avoir lieu dans les 8 jours suivant le retour du salarié. C'est le médecin du travail qui se prononce sur l'aptitude du salarié à reprendre son poste.
Pendant l'arrêt pour accident du travail, le contrat de travail est suspendu. Le salarié est protégé contre le licenciement, sauf en cas de faute grave ou d'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif non lié à l'accident.
Point de vigilance : En cas d'inaptitude déclarée par le médecin du travail, l'employeur a une obligation de reclassement. Si le reclassement est impossible, une procédure de licenciement pour inaptitude spécifique doit être suivie, avec des indemnités doublées.
Le traitement en paie de l'accident du travail est un parcours balisé mais exigeant. Il requiert une connaissance précise des règles légales et conventionnelles, ainsi qu'une communication fluide entre le salarié, l'employeur et la CPAM. Une gestion rigoureuse et anticipée permet non seulement de se conformer à ses obligations, mais aussi de sécuriser le parcours du salarié et de maîtriser les coûts pour l'entreprise. N'hésitez pas à vous appuyer sur des outils de paie fiables et à vous former régulièrement pour rester à jour sur ce sujet complexe et en constante évolution.
Bonnes pratiques à retenir :
Les cas d'absence peuvent être complexes à gérer
Accompagnement individuel pour gestionnaires de paie souhaitant monter en compétences et résoudre des problématiques complexes.
Prendre rendez-vousCet article vous a été utile ? Partagez-le avec vos collègues !
Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
Découvrir mes servicesRecevez les dernières actualités paie directement dans votre boîte mail.