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Les signalements d'événements en DSN : Arrêt maladie, fin de contrat, reprise - Guide complet 2026

Maîtrisez les signalements d'événements en DSN pour les arrêts maladie, fins de contrat et reprises anticipées. Notre guide complet 2026 vous détaille les procédures, délais et conseils pratiques.

1 fevrier 2026
8 min de lecture
Par Rose Yemeli
Les signalements d'événements en DSN : Arrêt maladie, fin de contrat, reprise - Guide complet 2026
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Qu'est-ce que le signalement d'événement en DSN ?

La Déclaration Sociale Nominative (DSN) a profondément transformé la gestion de la paie et des déclarations sociales en France. Au-delà de la transmission mensuelle des données de paie, la DSN repose sur un second pilier essentiel : les signalements d'événements. Ces déclarations ponctuelles permettent d'informer en temps réel les organismes sociaux (Assurance Maladie, France Travail, etc.) de la survenue d'événements spécifiques affectant la relation de travail. Loin d'être une simple formalité administrative, la maîtrise de ces signalements est cruciale pour garantir la continuité des droits des salariés et sécuriser les pratiques de l'entreprise. Cet article vous guide à travers les trois signalements majeurs : l'arrêt de travail, la fin de contrat et la reprise anticipée, avec un éclairage sur la législation applicable en 2026.

Le signalement d'arrêt de travail : un enjeu majeur pour les droits du salarié

Le signalement d'arrêt de travail est sans doute l'un des plus fréquents et des plus importants pour le salarié. C'est lui qui déclenche le versement des indemnités journalières (IJ) par l'Assurance Maladie, assurant ainsi un maintien de revenu pendant la période d'absence. Il remplace l'ancienne Attestation de Salaire pour le versement des Indemnités Journalières (DSIJ).

Quand et comment déclarer un arrêt de travail ?

L'employeur a l'obligation d'effectuer le signalement d'arrêt de travail via la DSN dans un délai de 5 jours ouvrés suivant la connaissance de l'arrêt. Ce délai de réactivité est primordial pour ne pas retarder l'indemnisation du salarié. Le signalement doit être émis pour tout arrêt de travail, qu'il soit d'origine maladie, maternité, paternité, adoption, accident du travail ou maladie professionnelle.

Les spécificités selon le motif de l'arrêt

Si la procédure de signalement est commune, chaque motif d'arrêt a ses particularités :

  • Maladie, maternité, paternité, adoption : Le signalement déclenche le processus d'indemnisation par la CPAM. Pour la maternité et la paternité, des documents complémentaires peuvent être demandés au salarié.
  • Accident du travail (AT) ou Maladie Professionnelle (MP) : En plus du signalement DSN, l'employeur doit toujours effectuer la Déclaration d'Accident du Travail (DAT) dans les 48 heures. Le signalement DSN vient en complément pour la partie indemnisation.

La subrogation : une gestion simplifiée pour l'entreprise et le salarié

La subrogation est un mécanisme par lequel l'employeur maintient tout ou partie du salaire de l'employé en arrêt et perçoit directement les indemnités journalières de la Sécurité Sociale (IJSS) à sa place. Pour mettre en place la subrogation, l'entreprise doit en faire la demande dans le signalement d'arrêt de travail. Le salaire maintenu doit être au moins égal au montant des IJSS pour la période de subrogation. Ce dispositif offre un confort au salarié qui continue de percevoir un revenu régulier de son employeur et simplifie la gestion pour l'entreprise qui n'a pas à gérer d'avances ou de régularisations complexes.

Quelles informations transmettre ?

Le signalement doit contenir des informations précises pour être traité correctement par les organismes. Les données clés à renseigner sont :

  • Le motif de l'arrêt : maladie, maternité, accident du travail, etc. (code spécifique à utiliser).
  • La date de début et la date de fin prévisionnelle de l'arrêt.
  • Le dernier jour travaillé (DJT) : il s'agit de la veille de l'arrêt de travail. Cette date est fondamentale pour le calcul des droits.
  • Les informations relatives à la subrogation : si l'entreprise maintient le salaire et perçoit directement les IJ à la place du salarié.

Exemple chiffré et détaillé

Imaginons une salariée, Mme Martin, en arrêt maladie du 1er au 15 mars 2026. Son salaire de base est de 2 500 € brut. L'entreprise pratique la subrogation avec un maintien de salaire à 100%.

  • Calcul des IJSS : L'Assurance Maladie calcule une indemnité journalière basée sur les 3 derniers mois de salaire. Supposons que son salaire journalier de base soit de 82,19 €. L'IJSS sera de 50% de ce montant, soit 41,10 € par jour.
  • Signalement DSN : L'employeur envoie le signalement le 2 mars. Il y indique le motif "Maladie", les dates de l'arrêt, le dernier jour travaillé (28 février 2026) et demande la subrogation.
  • Paie de mars : Sur son bulletin de paie, Mme Martin verra son salaire de base maintenu. L'employeur déduira l'absence, puis ajoutera une ligne "Maintien de salaire" pour la période de l'arrêt. Les IJSS perçues par l'employeur (41,10 € x 15 jours = 616,50 €) viendront compenser une partie du coût du maintien de salaire.

Les risques en cas de manquement

Un retard ou une absence de signalement peut avoir de lourdes conséquences. Pour le salarié, cela signifie un retard, voire une absence d'indemnisation, le plaçant dans une situation financière délicate. Pour l'entreprise, au-delà du préjudice causé au salarié, cela peut être constitutif d'une faute de l'employeur. En cas de contrôle de l'URSSAF, des pénalités pour déclaration inexacte ou tardive peuvent être appliquées. La rigueur est donc de mise.

Prenons l'exemple d'un salarié, M. Dupont, dont le médecin prescrit un arrêt de travail pour maladie du 10 février 2026 au 20 février 2026. L'employeur reçoit le volet 3 de l'arrêt le 11 février 2026.

  1. L'employeur a connaissance de l'arrêt le 11 février 2026.
  2. Il a jusqu'au 18 février 2026 (5 jours ouvrés) pour émettre le signalement DSN.
  3. Le dernier jour travaillé (DJT) est le 9 février 2026.
  4. Dans le signalement, il indiquera : motif "01 - Maladie", date de début "10/02/2026", date de fin prévisionnelle "20/02/2026", et le DJT "09/02/2026".

Le signalement de fin de contrat de travail (FCTU) : la clé de l'ouverture des droits au chômage

La fin d'un contrat de travail, quel qu'en soit le motif (fin de CDD, démission, licenciement, rupture conventionnelle), doit faire l'objet d'un signalement spécifique : le Signalement de Fin de Contrat de Travail Unique (FCTU). Ce signalement a remplacé l'ancienne Attestation Employeur Destinée à Pôle emploi (AED) et est indispensable pour que le salarié puisse faire valoir ses droits à l'assurance chômage.

Le FCTU : pour qui et quand ?

Le FCTU doit être émis pour tous les salariés quittant l'entreprise, quel que soit le type de contrat ou le motif de la rupture. Comme pour l'arrêt de travail, le délai de transmission est de 5 jours ouvrés suivant la connaissance de la fin du contrat. Depuis le 1er janvier 2022, le FCTU permet également de gérer les contrats courts, c'est-à-dire les contrats qui débutent et se terminent au cours du même mois, ce qui n'était pas possible avec l'ancien signalement FCT.

Les données essentielles du FCTU

Le signalement FCTU est particulièrement dense en informations. Il est crucial de le remplir avec la plus grande rigueur pour éviter tout retard dans le traitement du dossier du salarié par France Travail. Les éléments clés sont :

  • Le motif de la rupture du contrat : un code spécifique doit être utilisé pour chaque situation (fin de CDD, licenciement pour motif personnel, etc.).
  • La date de fin de contrat.
  • Le préavis : informations sur sa durée, s'il a été effectué ou non, et s'il a été payé.
  • Les salaires des 12 derniers mois : ces données sont essentielles pour le calcul du montant de l'allocation chômage.
  • Les primes et indemnités versées à l'occasion de la rupture (indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de congés payés, etc.).

Tableau récapitulatif des motifs de rupture

Motif de rupture Code à utiliser (exemple) Impact sur les droits au chômage
Fin de CDD 022 Ouverture de droits
Démission légitime 003 Ouverture de droits (sous conditions)
Licenciement pour motif personnel 017 Ouverture de droits
Rupture conventionnelle 023 Ouverture de droits

De la déclaration à l'attestation employeur (AER)

Une fois le signalement FCTU validé par France Travail, l'employeur peut télécharger l'Attestation Employeur Rematérialisée (AER) depuis son tableau de bord DSN sur net-entreprises.fr. C'est ce document, et non plus l'ancienne attestation papier, qui doit être remis au salarié. Il est essentiel de vérifier la conformité des informations sur l'AER avant de la transmettre.

Que faire en cas d'anomalie ?

Il peut arriver que le signalement FCTU soit rejeté ou présente des anomalies. Dans ce cas, France Travail envoie un compte-rendu métier (CRM) détaillant les erreurs à corriger. Les anomalies peuvent être bloquantes (le signalement est rejeté) ou non bloquantes (le signalement est accepté mais des données sont à vérifier). Il est impératif de traiter ces anomalies rapidement en corrigeant les données dans le logiciel de paie et en émettant un nouveau signalement "annule et remplace".

Le signalement de reprise anticipée : une déclaration à ne pas oublier

Moins fréquent mais tout aussi important, le signalement de reprise anticipée est nécessaire lorsqu'un salarié reprend son travail avant la date de fin initialement prévue de son arrêt. Cette déclaration permet de stopper le versement des indemnités journalières et d'éviter ainsi des versements indus, qui pourraient entraîner des sanctions pour l'entreprise.

Quand effectuer le signalement ?

L'employeur doit effectuer le signalement de reprise anticipée dans les 5 jours ouvrés suivant la date de reprise effective du salarié. Il est crucial d'être réactif pour que l'information soit traitée à temps par l'Assurance Maladie.

Conseils pratiques pour les gestionnaires de paie

La gestion des signalements d'événements en DSN requiert rigueur et organisation. Voici quelques conseils pour sécuriser vos pratiques :

  • Mettez en place un suivi rigoureux des arrêts de travail et des fins de contrat : un tableau de bord partagé avec les managers peut faciliter la circulation de l'information.
  • Vérifiez la cohérence des données : avant chaque signalement, assurez-vous de la justesse des informations transmises (dates, motifs, etc.). Une erreur peut avoir des conséquences importantes pour le salarié.
  • Archivez les accusés de réception : conservez précieusement les accusés de réception de vos signalements. Ils constituent la preuve de votre déclaration en cas de litige.
  • Formez-vous régulièrement : la législation sociale et les normes DSN évoluent. Participez à des formations et consultez régulièrement les documentations officielles (net-entreprises.fr, ameli.fr, etc.) pour rester à jour.

Sources officielles

SmartDataPay

L'assistant IA qui démystifie la paie avec des outils de consultation intelligente et une veille réglementaire automatisée.

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Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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