Arrêt maladie : Traitement complet en paie (IJSS, maintien, subrogation)
Le guide ultime pour traiter un arrêt maladie en paie. Calcul des IJSS, maintien de salaire, subrogation... Avec exemples de bulletins.
Conditions, cumul salaire et IJSS, formalités... Comment traiter un mi-temps thérapeutique sur le bulletin de paie.

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Le temps partiel thérapeutique, souvent appelé à tort "mi-temps thérapeutique", est un aménagement temporaire du temps de travail. Il permet à un salarié, après un arrêt de travail complet pour maladie ou accident, de reprendre une activité professionnelle de manière progressive. L'objectif est de favoriser la guérison ou la réadaptation professionnelle tout en maintenant un lien avec l'entreprise.
Ce dispositif n'est pas un droit automatique. Il est prescrit par le médecin traitant et doit être validé par le médecin-conseil de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM). Contrairement à un temps partiel classique, il ne résulte pas d'un avenant au contrat de travail mais d'une prescription médicale temporaire.
La démarche débute obligatoirement par une prescription du médecin traitant. Celui-ci doit juger que le travail à temps partiel est de nature à favoriser l'amélioration de l'état de santé du salarié, ou que le salarié doit faire l'objet d'une rééducation ou d'une réadaptation professionnelle pour recouvrer un emploi compatible avec son état de santé.
Une fois la prescription établie, elle est soumise à l'avis du médecin-conseil de la CPAM. C'est lui qui autorise le versement des indemnités journalières (IJSS) qui viendront compenser la perte de salaire. Sans son accord, le dispositif ne peut pas être mis en place avec maintien d'une indemnisation.
Parallèlement, l'employeur doit organiser une visite de reprise auprès du médecin du travail. Ce dernier rend un avis sur l'aptitude du salarié, les aménagements de poste nécessaires et la quotité de travail envisageable. L'employeur est tenu de prendre en considération cet avis.
L'employeur ne peut refuser la mise en place d'un temps partiel thérapeutique que s'il justifie de motifs légitimes qui s'opposent à cet aménagement (par exemple, des contraintes d'organisation de l'entreprise rendant le poste incompatible avec un temps partiel). Ce refus doit être motivé et notifié au salarié.
Selon l'article L4624-6 du Code du travail, l'employeur est tenu de prendre en considération l'avis et les indications ou les propositions émis par le médecin du travail. En cas de refus, l'employeur fait connaître par écrit au travailleur et au médecin du travail les motifs qui s'opposent à ce qu'il y soit donné suite.
La gestion de la paie d'un salarié en temps partiel thérapeutique présente plusieurs spécificités. Le salaire est composé d'une part versée par l'employeur et d'une part versée par la Sécurité sociale.
L'employeur rémunère le salarié uniquement pour les heures de travail effectuées. Pour calculer le salaire brut, il convient de déduire les heures non travaillées. La méthode de calcul de la retenue pour absence la plus reconnue est celle des heures réelles du mois.
Exemple chiffré :
Un salarié a un salaire de base de 2 500 € brut pour 151,67 heures. En mars (qui compte 21 jours ouvrés, soit 147 heures), il travaille à 50%. Il est donc absent 73,5 heures.
Pour compenser la perte de revenus, la CPAM verse des IJSS. Le montant de ces indemnités est calculé pour que le total (salaire + IJSS) ne dépasse pas le salaire net que le salarié aurait perçu en travaillant à temps plein. L'employeur doit fournir une attestation de salaire mensuelle à la CPAM, indiquant le salaire brut réellement versé et le salaire brut qui aurait été versé à temps plein.
Le salarié en temps partiel thérapeutique conserve ses droits comme un salarié à temps plein pour de nombreux aspects. Il est important de les maîtriser pour éviter les erreurs sur le bulletin de paie.
| Élément de paie | Traitement spécifique | Source / Référence |
|---|---|---|
| Congés Payés | Le salarié acquiert le même nombre de jours de congés qu'un salarié à temps plein. L'indemnité de CP sera cependant calculée sur la base du salaire perçu (partiel). | Code du Travail |
| Ancienneté | La période de temps partiel thérapeutique est intégralement prise en compte pour le calcul de l'ancienneté. | Jurisprudence constante |
| Primes | Les primes liées à la présence (ex: prime de 13ème mois) sont généralement calculées au prorata du temps de présence effective, sauf disposition conventionnelle plus favorable. | Convention Collective / Accord d'entreprise |
| Titres-restaurant | Le salarié a droit à un titre-restaurant par jour travaillé où le repas est compris dans son horaire de travail. | URSSAF |
Les cotisations sociales sont calculées sur le salaire brut versé par l'employeur. Cependant, pour ne pas pénaliser les droits à la retraite du salarié, il est possible, d'un commun accord entre l'employeur et le salarié, de maintenir l'assiette des cotisations d'assurance vieillesse (retraite de base et complémentaire) sur la base d'un salaire à temps plein.
Cette option permet au salarié de continuer à cotiser pour sa retraite comme s'il travaillait à temps plein. Le surcoût de cotisations est alors partagé entre l'employeur et le salarié, selon les taux en vigueur. Cette décision doit être formalisée par écrit. Pour plus d'informations, consultez le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS).
Le traitement en paie du mi-temps thérapeutique demande une attention particulière. Il faut retenir que le salarié perçoit une double rémunération : un salaire de l'employeur pour le travail effectué et des IJSS de la CPAM pour compenser la perte de salaire. La communication entre l'employeur, le salarié et la CPAM est essentielle pour assurer une gestion fluide.
Il est crucial de bien calculer la retenue sur salaire, de gérer correctement les droits annexes (congés, primes) et de se conformer aux déclarations sociales (DSN). L'option de maintien des cotisations retraite est un point important à aborder avec le salarié pour préserver ses droits futurs. Une bonne maîtrise de ces règles garantit la conformité et la sérénité de la relation de travail durant cette période transitoire.

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Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
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