Arrêt maladie : Traitement complet en paie (IJSS, maintien, subrogation)
Le guide ultime pour traiter un arrêt maladie en paie. Calcul des IJSS, maintien de salaire, subrogation... Avec exemples de bulletins.
Tableaux des maladies professionnelles, procédure de reconnaissance, indemnisation... Le guide complet.
La maladie professionnelle est une pathologie contractée par un salarié du fait de son exposition plus ou moins prolongée à un risque dans le cadre de son activité professionnelle. Contrairement à l'accident du travail, qui est un événement soudain et daté, la maladie professionnelle résulte souvent d'une exposition chronique. Sa reconnaissance ouvre droit à une prise en charge et une indemnisation spécifiques, avec des impacts directs sur la gestion de la paie et les obligations de l'employeur.
Définition légale : Est présumée d'origine professionnelle toute maladie désignée dans un des tableaux de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau. (Article L. 461-1 du Code de la Sécurité sociale).
Cet article a pour but de démystifier le processus de reconnaissance et de détailler, étape par étape, le traitement en paie d'une maladie professionnelle, en intégrant les dernières mises à jour pour l'année 2026.
La reconnaissance d'une maladie comme étant d'origine professionnelle est une étape cruciale qui conditionne l'ensemble du traitement social et paie. Le processus est rigoureusement encadré.
Il existe deux voies principales pour faire reconnaître une maladie professionnelle :
Point de vigilance : La déclaration doit être faite par le salarié à sa Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) dans un délai de 15 jours suivant la cessation du travail. L'employeur est ensuite informé par la CPAM et dispose d'un droit de réserve.
Une fois la maladie professionnelle reconnue, le salarié en arrêt de travail perçoit des indemnités journalières (IJ) versées par la Sécurité sociale. Leur calcul est plus favorable que pour une maladie non professionnelle.
Les IJSS sont calculées sur la base du salaire journalier de référence, qui correspond au dernier salaire brut perçu avant l'arrêt, divisé par 30,42.
Salaire Journalier de Référence (SJR) = Dernier salaire mensuel brut / 30,42
Le montant des IJSS évolue par palier :
Les IJSS sont plafonnées. Le gain journalier net ne peut dépasser un certain plafond (0,834% du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale - PASS). Pour 2026, avec un PASS estimé à 46 368 €, le plafond journalier serait d'environ 386,71 € et l'IJ maximale d'environ 240,49 € (valeurs à confirmer par décret).
L'employeur doit compléter les IJSS pour maintenir une partie du salaire, et ce, dès le premier jour d'arrêt, sans jour de carence. C'est une différence majeure avec la maladie simple.
| Ancienneté du salarié | Durée d'indemnisation à 90% | Durée d'indemnisation à 66,66% |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours |
Note : Les conventions collectives peuvent prévoir des dispositions plus favorables.
Bonne pratique : Paramétrez votre logiciel de paie pour distinguer clairement l'absence "Maladie Professionnelle" de "Maladie". Cela automatisera la suppression du délai de carence et l'application des bons taux de maintien de salaire.
La gestion de l'absence pour maladie professionnelle a des spécificités qu'il faut retranscrire correctement sur le bulletin de paie.
Prenons un salarié avec 2 ans d'ancienneté, un salaire brut de 2 500 €, en arrêt pour maladie professionnelle pendant 35 jours.
L'employeur doit maintenir 90% du brut pendant les 30 premiers jours. Le calcul du complément se fait en "brut abattu" (déduction des IJSS brutes).
Maintien employeur (brut) = (Salaire brut mensuel * % de maintien) - Montant des IJSS brutes perçues sur la période
Les IJSS versées par la CPAM sont soumises à la CSG (6,2%) et à la CRDS (0,5%). Elles sont également soumises à l'impôt sur le revenu, sauf si la maladie professionnelle est une affection de longue durée (ALD).
Le complément de salaire versé par l'employeur reste un salaire et est donc soumis à l'ensemble des cotisations sociales habituelles.
Point de vigilance : En cas de subrogation, l'employeur perçoit directement les IJSS et les reverse au salarié. Il doit alors précompter la CSG/CRDS sur le bulletin de paie. Assurez-vous de bien distinguer la part nette des IJSS et le complément net versé.
À l'issue de la consolidation (stabilisation de l'état de santé), le salarié peut conserver des séquelles.
Si une incapacité permanente partielle (IPP) est constatée, le salarié peut percevoir :
Cette rente n'est pas un salaire et n'apparaît pas sur le bulletin de paie. Elle est versée par la CPAM et est exonérée de CSG/CRDS et d'impôt sur le revenu.
Conseil d'expert : Le taux de cotisation AT/MP de l'entreprise est directement impacté par la reconnaissance de maladies professionnelles. Une politique de prévention active est le meilleur levier pour maîtriser ce coût sur le long terme.
Le traitement de la maladie professionnelle en paie est un exercice technique qui exige rigueur et connaissance des règles légales et conventionnelles. De la suppression du délai de carence au calcul du maintien de salaire, en passant par la gestion de la subrogation, chaque étape a son importance. Une gestion correcte est non seulement une obligation légale mais aussi un élément clé de la relation de confiance avec le salarié. La complexité du sujet justifie pleinement l'utilisation de logiciels de paie performants et une veille juridique constante pour rester à jour des évolutions, notamment celles du PASS et des plafonds d'indemnisation pour 2026.
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Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
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