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Maladie professionnelle : Reconnaissance et traitement en paie

Tableaux des maladies professionnelles, procédure de reconnaissance, indemnisation... Le guide complet.

20 décembre 2025
Mis à jour le 20 décembre 2025
4 min de lecture
Par Rose Yemeli
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La survenue d'une maladie liée à l'activité professionnelle est une situation complexe, tant pour le salarié que pour l'employeur. Comprendre les mécanismes de reconnaissance d'une maladie professionnelle et son traitement en paie est essentiel pour garantir le respect des droits de chacun et la conformité des processus de l'entreprise. Cet article a pour but de détailler les étapes clés, depuis la déclaration jusqu'à l'indemnisation, en s'appuyant sur les sources officielles françaises.

Qu'est-ce qu'une maladie professionnelle ?

Une maladie est considérée comme professionnelle si elle est la conséquence directe de l'exposition d'un travailleur à un risque physique, chimique, biologique, ou résulte des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle. Pour être reconnue comme telle, la maladie doit généralement figurer dans un des tableaux des maladies professionnelles annexés au Code de la sécurité sociale.

Les tableaux des maladies professionnelles

Ces tableaux, consultables sur Légifrance, listent les affections reconnues, les délais de prise en charge, et une liste, indicative ou limitative, des travaux susceptibles de les provoquer. Si un salarié remplit toutes les conditions d'un tableau, sa maladie est présumée d'origine professionnelle, ce qui simplifie grandement la procédure de reconnaissance.

Le système des tableaux de maladies professionnelles constitue le socle de la reconnaissance. Il est régulièrement mis à jour par les autorités pour intégrer de nouvelles pathologies liées à l'évolution des métiers et des connaissances scientifiques.

La reconnaissance hors tableau

Une maladie ne figurant pas dans un tableau, ou ne remplissant pas toutes les conditions, peut tout de même être reconnue comme professionnelle. Cette reconnaissance s'effectue via un système complémentaire. La victime doit alors prouver le lien direct et essentiel entre sa pathologie et son travail habituel.

Pour cela, le dossier est soumis à l'avis d'un Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP). De plus, pour une maladie hors tableau, elle doit avoir entraîné une incapacité permanente d'au moins 25% ou le décès du salarié pour être reconnue.

La procédure de reconnaissance : un parcours balisé

La reconnaissance d'une maladie professionnelle suit un processus strict et encadré par des délais précis, impliquant le salarié, l'employeur et la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) ou la MSA pour le régime agricole.

Étape 1 : La déclaration par le salarié

Le salarié dispose d'un délai de 15 jours suivant la cessation du travail pour déclarer sa maladie à sa caisse d'assurance maladie. Cette déclaration se fait via le formulaire Cerfa n°16130*01 "Déclaration de maladie professionnelle".

Ce formulaire doit être accompagné du certificat médical initial établi par le médecin, qui atteste de la nature de la maladie et du lien possible avec le travail. L'envoi de ces documents déclenche l'instruction du dossier par la caisse.

Étape 2 : L'instruction par la CPAM

À réception du dossier complet, la CPAM dispose d'un délai d'instruction de 120 jours francs pour statuer sur le caractère professionnel de la maladie. Durant cette période, elle peut diligenter une enquête administrative ou demander un examen médical complémentaire.

L'employeur est informé de la déclaration et peut émettre des réserves motivées. La CPAM met le dossier à disposition des deux parties (salarié et employeur) pour consultation avant de rendre sa décision.

Si la maladie n'entre pas directement dans les critères d'un tableau, la CPAM saisit obligatoirement le CRRMP. Le délai d'instruction est alors suspendu le temps que le comité rende son avis, dans un délai de 4 mois, prolongeable de 2 mois.

Le traitement en paie de la maladie professionnelle

Une fois la maladie professionnelle reconnue, l'indemnisation du salarié et les obligations de l'employeur en matière de paie sont spécifiques et plus favorables que pour une maladie non professionnelle.

Les indemnités journalières de la Sécurité Sociale (IJSS)

Dès le premier jour d'arrêt de travail, sans délai de carence, le salarié perçoit des IJSS. Le calcul de ces indemnités est plus avantageux que pour un arrêt maladie classique.

Le montant de l'indemnité journalière est calculé sur la base du salaire journalier de référence, lui-même déterminé à partir du dernier salaire brut perçu avant l'arrêt. Le taux appliqué est de 60% du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours, puis de 80% à partir du 29ème jour.

Période d'indemnisation Taux de l'IJSS Plafond journalier (au 1er janvier 2024)
Du 1er au 28ème jour d'arrêt 60% du salaire journalier de base 232,03 €
À partir du 29ème jour d'arrêt 80% du salaire journalier de base 309,37 €

Source : ameli.fr. Ces montants sont revalorisés périodiquement.

Le complément de salaire par l'employeur

En plus des IJSS, le salarié bénéficie d'un maintien de salaire de la part de son employeur, conformément au Code du travail ou à des dispositions conventionnelles plus favorables. L'indemnisation légale complémentaire intervient après un délai de carence de 7 jours.

L'employeur verse, sous condition d'ancienneté, un complément de salaire qui, ajouté aux IJSS, garantit au salarié un certain pourcentage de sa rémunération brute. Ce pourcentage diminue par palier en fonction de la durée de l'arrêt.

Exemple chiffré : Un salarié avec 2 ans d'ancienneté et un salaire de 2 500 € brut est en arrêt pour maladie professionnelle. Après 7 jours de carence, l'employeur lui versera un complément aux IJSS pour lui garantir 90% de son salaire pendant 30 jours, puis 66,66% les 30 jours suivants.

Conclusion : les points clés à retenir

La gestion d'une maladie professionnelle est un processus rigoureux qui nécessite une attention particulière. La reconnaissance, qu'elle passe par les tableaux ou par le système complémentaire, ouvre droit à une indemnisation spécifique et à une protection renforcée pour le salarié.

Pour le gestionnaire de paie, il est crucial de maîtriser le calcul des IJSS spécifiques, les règles de maintien de salaire légal et conventionnel, et l'absence de délai de carence pour les indemnités de la Sécurité Sociale. Une veille juridique sur les barèmes et les tableaux des maladies professionnelles, notamment via des sources comme le Code du travail et le site de l'URSSAF, est indispensable pour assurer une gestion de paie juste et conforme.

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Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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