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Le forfait social 2026 : Assiette, taux et exonérations

Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur le forfait social en 2026 : son assiette, ses taux, et les cas d'exonérations. Un guide complet pour les gestionnaires de paie.

1 fevrier 2026
8 min de lecture
Par Rose Yemeli
Le forfait social 2026 : Assiette, taux et exonérations
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Le forfait social : qu'est-ce que c'est ?

Le forfait social est une contribution à la charge de l'employeur, destinée à financer la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF) et la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV). Instauré en 2009, il vise à soumettre à cotisations des rémunérations et gains qui sont par ailleurs exonérés de cotisations de Sécurité sociale, mais assujettis à la Contribution Sociale Généralisée (CSG).

Cette contribution patronale concerne une large palette de dispositifs d'épargne salariale et de prévoyance complémentaire. Sa compréhension est donc essentielle pour tout gestionnaire de paie souhaitant sécuriser ses pratiques et optimiser les coûts pour son entreprise. En 2026, comme chaque année, la législation apporte son lot de spécificités qu'il convient de maîtriser.

Assiette du forfait social : sur quoi porte la contribution ?

L'assiette du forfait social est large et complexe. Elle inclut principalement les sommes versées au titre de :

  • La participation et l'intéressement des salariés aux résultats de l'entreprise.
  • Les abondements de l'employeur aux plans d'épargne salariale : Plan d'Épargne Entreprise (PEE), Plan d'Épargne pour la Retraite Collectif (PERCO), et le nouveau Plan d'Épargne Retraite (PER).
  • Les contributions patronales de prévoyance complémentaire (incapacité, invalidité, décès) et de retraite supplémentaire.
  • La prise en charge par l'employeur de la part salariale des cotisations de retraite complémentaire.
  • Les jetons de présence et autres rémunérations des administrateurs et membres des conseils de surveillance.

Il est crucial de noter que certaines de ces sommes peuvent bénéficier d'exonérations partielles ou totales, que nous détaillerons plus loin.

Les taux du forfait social en 2026 : une diversité à connaître

Le taux normal du forfait social est fixé à 20%. Cependant, pour encourager certains dispositifs, le législateur a prévu des taux réduits, voire des exonérations. La maîtrise de ces différents taux est un enjeu majeur pour le gestionnaire de paie.

Le taux normal de 20%

Ce taux s'applique par défaut à la plupart des éléments de l'assiette, notamment :

  • Les sommes versées au titre de l'intéressement et de la participation dans les entreprises de 50 salariés et plus.
  • Les abondements de l'employeur aux plans d'épargne salariale (PEE, PER) dans les entreprises de 50 salariés et plus.
  • Les contributions patronales de retraite supplémentaire.

Les taux réduits

Plusieurs situations ouvrent droit à un taux de forfait social réduit. Ces exceptions visent à promouvoir des pratiques jugées vertueuses par le législateur.

Tableau récapitulatif des taux du forfait social en 2026
Taux Situations concernées Conditions
8% Contributions patronales de prévoyance complémentaire Entreprises de 11 salariés et plus
10% Abondement de l'employeur à un PER d'entreprise collectif dont l'acquisition des droits est conditionnée à l'affectation des sommes à l'acquisition de parts de fonds investis dans les PME et ETI Au moins 10% des titres du fonds
16% Versements issus de l'intéressement ou de la participation affectés à un PERCO ou un PER d'entreprise collectif Gestion pilotée par défaut, avec au moins 7% de titres éligibles au PEA-PME

Les exonérations de forfait social : des opportunités à saisir

Le législateur a également prévu des cas d'exonération totale de forfait social, principalement pour favoriser les petites et moyennes entreprises.

Exonérations liées à l'effectif de l'entreprise

  • Entreprises de moins de 11 salariés : Elles sont exonérées de forfait social sur les contributions patronales de prévoyance complémentaire.
  • Entreprises de moins de 50 salariés : Elles bénéficient d'une exonération de forfait social sur les sommes versées au titre de l'intéressement, de la participation, ainsi que sur les abondements de l'employeur aux plans d'épargne salariale.

Autres cas d'exonérations

  • Les attributions gratuites d'actions (AGA) sous certaines conditions.
  • Les stock-options.
  • Les indemnités de rupture conventionnelle, dans la limite de deux fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).

Conseils pratiques pour les gestionnaires de paie

Face à la complexité du forfait social, voici quelques conseils pour sécuriser vos pratiques en 2026 :

  • Vérifiez l'effectif de votre entreprise : L'effectif est déterminant pour l'application de nombreuses exonérations. Assurez-vous de le calculer correctement selon les règles de l'URSSAF.
  • Documentez vos choix : En cas de contrôle, vous devrez être en mesure de justifier l'application d'un taux réduit ou d'une exonération. Conservez précieusement tous les documents relatifs à vos dispositifs d'épargne salariale et de prévoyance.
  • Utilisez un logiciel de paie à jour : Un bon logiciel de paie intègre les dernières évolutions législatives et vous aidera à appliquer les bons taux de forfait social.
  • Formez-vous régulièrement : Le droit social et la paie sont des domaines en constante évolution. Participez à des formations pour maintenir vos connaissances à jour.

Conclusion

Le forfait social en 2026 reste une contribution complexe mais incontournable pour les entreprises françaises. Sa bonne gestion est un gage de sécurité juridique et peut représenter une source d'optimisation de coûts non négligeable. Une veille juridique constante et une analyse fine des dispositifs mis en place dans l'entreprise sont les clés d'une gestion sereine et efficace du forfait social.

Sources :

Un peu d'histoire...

Le forfait social a été introduit par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009. Son objectif initial était de compenser les exonérations de cotisations sociales accordées à certaines formes de rémunération, afin de ne pas pénaliser le financement de la protection sociale. Au fil des ans, son champ d'application et ses taux ont été modifiés à de nombreuses reprises, reflétant les politiques économiques et sociales des gouvernements successifs.

Exemples chiffrés pour mieux comprendre

Pour illustrer l'application du forfait social, prenons quelques exemples concrets pour une entreprise de plus de 50 salariés en 2026.

Exemple 1 : Prime d'intéressement

Une entreprise verse une prime d'intéressement de 2 000 € à un salarié. Cette prime est exonérée de cotisations sociales, mais soumise à la CSG/CRDS. Le forfait social s'applique au taux de 20%.

  • Montant de la prime : 2 000 €
  • Forfait social (20%) : 2 000 € * 20% = 400 €
  • Coût total pour l'employeur : 2 400 €

Exemple 2 : Abondement au PEE

Un salarié verse 1 000 € sur son PEE. L'entreprise abonde à 100%, soit 1 000 €. Cet abondement est soumis au forfait social de 20%.

  • Abondement de l'employeur : 1 000 €
  • Forfait social (20%) : 1 000 € * 20% = 200 €
  • Coût total pour l'employeur : 1 200 €

Exemple 3 : Contributions de prévoyance complémentaire

L'entreprise verse une contribution de 100 € par mois pour la prévoyance complémentaire d'un salarié. Le forfait social s'applique au taux de 8%.

  • Contribution mensuelle : 100 €
  • Forfait social (8%) : 100 € * 8% = 8 €
  • Coût total mensuel pour l'employeur : 108 €

Le calcul de l'effectif : un point de vigilance

Le calcul de l'effectif de l'entreprise est un point crucial, car il conditionne l'application de nombreuses exonérations. L'effectif à prendre en compte est l'effectif annuel moyen de l'année N-1. Il se calcule au niveau de l'entreprise, tous établissements confondus. Les salariés en CDD, en contrat de travail intermittent ou mis à disposition par une entreprise extérieure sont pris en compte au prorata de leur temps de présence. Les apprentis et les titulaires d'un contrat de professionnalisation ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'effectif.

Le cas particulier de la rupture conventionnelle

L'indemnité de rupture conventionnelle est soumise au forfait social au taux de 20% sur la part exclue de l'assiette des cotisations de sécurité sociale. Cependant, la part de l'indemnité qui est assujettie à la CSG n'est pas soumise au forfait social. Cette distinction complexe nécessite une attention particulière lors de l'établissement du solde de tout compte.

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : un dispositif à géométrie variable

Le PER, qui remplace progressivement les anciens dispositifs d'épargne retraite (PERCO, Madelin, etc.), présente des règles spécifiques en matière de forfait social. Les abondements de l'employeur sur un PER d'entreprise collectif sont soumis au forfait social au taux de 10% ou 16% sous certaines conditions d'investissement dans des PME et ETI, ou de gestion pilotée. Ces taux réduits visent à orienter l'épargne des salariés vers le financement des entreprises et à encourager une gestion dynamique de leur épargne retraite.

La déclaration du forfait social en DSN

La Déclaration Sociale Nominative (DSN) est le canal unique pour déclarer et payer les cotisations sociales, y compris le forfait social. Pour chaque élément de rémunération soumis au forfait social, le gestionnaire de paie doit utiliser des codes spécifiques dans la DSN. Par exemple, le code type de personnel (CTP) 259 est utilisé pour le forfait social au taux de 8% sur les contributions patronales de prévoyance complémentaire. Une erreur de codification peut entraîner un redressement de l'URSSAF, d'où l'importance de bien paramétrer son logiciel de paie et de se tenir informé des évolutions des normes DSN.

Le forfait social et la stratégie de rémunération de l'entreprise

Au-delà de son aspect purement déclaratif, le forfait social est un élément à prendre en compte dans la stratégie de rémunération de l'entreprise. En effet, le choix de mettre en place un dispositif d'épargne salariale ou de prévoyance complémentaire doit intégrer le coût du forfait social. Par exemple, pour une entreprise de plus de 50 salariés, une prime d'intéressement de 1000€ coûtera en réalité 1200€ à l'entreprise. Cette charge supplémentaire doit être anticipée et budgétée. A l'inverse, les exonérations de forfait social pour les petites entreprises peuvent être un levier pour attirer et fidéliser les salariés, en leur proposant des dispositifs de rémunération différée à moindre coût.

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RY

Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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