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La CSG-CRDS en 2026 : Calcul, taux et cas particuliers

Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la CSG-CRDS en 2026 : calcul, taux applicables, part déductible, cas particuliers et conseils pour les gestionnaires de paie.

1 fevrier 2026
8 min de lecture
Par Rose Yemeli
La CSG-CRDS en 2026 : Calcul, taux et cas particuliers
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Qu'est-ce que la CSG-CRDS ?

La Contribution Sociale Généralisée (CSG) et la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) sont deux prélèvements obligatoires assis sur la quasi-totalité des revenus des personnes résidant en France. Instaurées pour participer au financement de la protection sociale et apurer la dette de la Sécurité Sociale, elles constituent un pilier du système de solidarité nationale.

La Contribution Sociale Généralisée (CSG)

Créée en 1991, la CSG a pour objectif de diversifier les sources de financement de la Sécurité Sociale, en ne la faisant plus reposer uniquement sur les cotisations sociales assises sur les salaires. Elle frappe ainsi les revenus d'activité, les revenus de remplacement (chômage, retraite), les revenus du patrimoine et les produits de placement.

La Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS)

La CRDS a été introduite en 1996 avec un objectif précis : résorber l'endettement de la Sécurité Sociale. Son champ d'application est quasiment identique à celui de la CSG. Bien que son taux soit plus faible, elle représente une contribution significative.

Une source de financement essentielle

En 2026, le rôle de la CSG-CRDS demeure fondamental pour l'équilibre des comptes sociaux. Ces contributions financent une part importante des dépenses de l'assurance maladie, des prestations familiales et du Fonds de Solidarité Vieillesse.

Assiette et Taux de la CSG-CRDS en 2026

L'assiette de la CSG-CRDS correspond au montant brut des revenus perçus, après application d'un abattement forfaitaire pour frais professionnels dans certains cas. Les taux, quant à eux, varient selon la nature du revenu.

Les revenus d'activité

Pour les salaires, primes et autres revenus professionnels, l'assiette de la CSG-CRDS est de 98,25% du revenu brut (dans la limite de 4 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale - PASS). Au-delà de ce plafond, l'assiette est de 100%.

  • Taux de CSG : 9,20%
  • Taux de CRDS : 0,50%

Les revenus de remplacement

Les pensions de retraite, d'invalidité et les allocations chômage sont soumises à des taux spécifiques, qui peuvent être réduits ou nuls en fonction du Revenu Fiscal de Référence (RFR) du contribuable.

  • Pensions de retraite et d'invalidité : Taux de CSG de 8,3% (normal), 6,6% (médian) ou 3,8% (réduit).
  • Allocations chômage : Taux de CSG de 6,2% (normal) ou 3,8% (réduit).
  • Taux de CRDS : 0,50% (sauf en cas d'exonération de CSG).

Les revenus du patrimoine et de placement

Ces revenus (fonciers, mobiliers, plus-values) sont soumis à un taux global de prélèvements sociaux, qui inclut la CSG et la CRDS. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté le taux de CSG sur ces revenus à 10,6%, portant le total des prélèvements sociaux à 18,1%.

Tableau récapitulatif des taux 2026

Nature du revenu Assiette Taux CSG Taux CRDS Total
Revenus d'activité (salaires, etc.) 98,25% du brut 9,20% 0,50% 9,70%
Pensions de retraite (taux normal) 100% du brut 8,30% 0,50% 8,80%
Allocations chômage (taux normal) 100% du brut 6,20% 0,50% 6,70%
Revenus du patrimoine 100% du brut 10,60% 0,50% 11,10% (+ autres prélèvements)

Le calcul de la CSG-CRDS : exemples concrets

Exemple pour un salarié non-cadre

Prenons un salarié avec un salaire brut mensuel de 2 500 €.

  • Assiette de calcul : 2 500 € * 98,25% = 2 456,25 €
  • Montant de la CSG : 2 456,25 € * 9,20% = 225,98 €
  • Montant de la CRDS : 2 456,25 € * 0,50% = 12,28 €
  • Total prélevé : 238,26 €

Exemple pour un retraité

Un retraité perçoit une pension brute de 1 800 € et est soumis au taux normal.

  • Assiette de calcul : 1 800 €
  • Montant de la CSG : 1 800 € * 8,30% = 149,40 €
  • Montant de la CRDS : 1 800 € * 0,50% = 9,00 €
  • Total prélevé : 158,40 €

La CSG déductible : un impact sur l'impôt sur le revenu

Une part de la CSG payée sur certains revenus est déductible du revenu imposable. Cela signifie qu'elle vient en diminution du montant sur lequel sera calculé l'impôt sur le revenu, réduisant ainsi la base taxable.

Principe de la déductibilité

La part déductible de la CSG varie en fonction de la nature du revenu. La CRDS, quant à elle, n'est jamais déductible.

Tableau des parts déductibles et non déductibles

Nature du revenu Taux global de CSG Part déductible Part non déductible
Revenus d'activité 9,20% 6,80% 2,40%
Pensions de retraite (taux normal) 8,30% 5,90% 2,40%
Pensions de retraite (taux médian) 6,60% 4,20% 2,40%
Allocations chômage (taux normal) 6,20% 3,80% 2,40%

Cas particuliers et exonérations

La législation prévoit des cas d'exonération ou d'application de taux réduits, principalement pour les contribuables ayant de faibles revenus.

Les bas revenus

Les titulaires de revenus de remplacement (retraite, chômage) dont le Revenu Fiscal de Référence (RFR) de l'année N-2 est inférieur à certains seuils peuvent bénéficier d'un taux réduit de CSG (3,8%) ou d'une exonération totale de CSG et de CRDS. Ces seuils sont revalorisés chaque année.

Les stagiaires et apprentis

La gratification des stagiaires est exonérée de CSG-CRDS dans la limite d'un certain montant. De même, le salaire des apprentis bénéficie d'une exonération de la totalité des cotisations salariales, y compris la CSG-CRDS, dans la limite de 79% du SMIC.

Conseils pratiques pour les gestionnaires de paie

  • Vérifiez le Revenu Fiscal de Référence (RFR) : Pour les salariés multi-employeurs ou les retraités actifs, il est crucial de connaître le RFR pour appliquer le bon taux de CSG sur les revenus de remplacement.
  • Attention à l'abattement : Assurez-vous que l'abattement de 1,75% pour frais professionnels est correctement appliqué sur l'assiette de la CSG.
  • Paramétrage du logiciel de paie : Avec les évolutions législatives, une mise à jour et une vérification rigoureuse des paramètres de votre logiciel de paie sont indispensables pour garantir la conformité des bulletins de paie.
  • Veille légale : La législation sociale évolue constamment. Mettez en place une veille active sur des sites comme l'URSSAF ou Légifrance pour ne manquer aucune mise à jour.

Sources officielles et pour aller plus loin

Pour des informations complètes et à jour, il est recommandé de consulter directement les sources officielles :

  • Légifrance : Le service public de la diffusion du droit.
  • URSSAF.fr : Le site de référence pour les cotisations et contributions sociales.
  • Service-Public.fr : Le portail de l'administration française.

Approfondissement sur l'historique et les objectifs

Pour bien saisir la portée de la CSG et de la CRDS en 2026, un regard sur leur histoire est éclairant. La création de la CSG en 1991 par le gouvernement de Michel Rocard répondait à une crise du financement de la protection sociale. L'idée était de ne plus faire peser ce financement sur les seuls revenus du travail, mais de l'élargir à l'ensemble des revenus des ménages. Cette réforme visait à universaliser le financement de la protection sociale, en accord avec le principe d'universalité des prestations. La CRDS, quant à elle, a été une mesure d'urgence pour faire face à la dette abyssale de la Sécurité Sociale. Son caractère temporaire a été maintes fois débattu, mais sa prolongation témoigne de la difficulté à maîtriser les déficits sociaux.

Le Revenu Fiscal de Référence (RFR) : La clé des taux réduits et exonérations

Le RFR est un indicateur essentiel pour déterminer le taux de CSG applicable aux revenus de remplacement. Il est calculé par l'administration fiscale à partir de l'ensemble des revenus du foyer fiscal. Pour l'année 2026, c'est le RFR de 2024 (figurant sur l'avis d'imposition de 2025) qui est pris en compte. Les seuils d'application des taux réduits et des exonérations sont revalorisés chaque année en fonction de l'inflation. Il est donc primordial pour les retraités et les chômeurs de vérifier leur RFR pour anticiper le taux de CSG qui leur sera appliqué.

Étude de cas : un travailleur indépendant

Prenons l'exemple d'un consultant indépendant dont le bénéfice non commercial (BNC) s'élève à 50 000 € en 2025. L'assiette de la CSG-CRDS sera calculée sur ce revenu, après déduction des cotisations sociales obligatoires. Le calcul est plus complexe que pour un salarié, car il dépend du régime d'imposition (micro-BNC ou déclaration contrôlée) et des options de versement des cotisations. Pour un calcul précis, l'utilisation des simulateurs en ligne de l'URSSAF est fortement recommandée. Ce cas illustre la complexité de la gestion de la CSG-CRDS pour les non-salariés et l'importance d'un suivi rigoureux de leur situation.

L'avenir de la CSG-CRDS : quelles perspectives ?

Le débat sur l'avenir de la CSG-CRDS est récurrent. Certains plaident pour une fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, afin de simplifier le système de prélèvements obligatoires. D'autres proposent d'élargir encore son assiette, par exemple en y incluant certains revenus aujourd'hui exonérés. La question de la progressivité de la CSG est également au cœur des discussions, certains souhaitant la rendre plus progressive pour renforcer son caractère redistributif. En 2026, ces débats restent d'actualité et il est probable que de nouvelles réformes voient le jour dans les années à venir, en fonction des équilibres politiques et des contraintes budgétaires.

Conseils pratiques pour les salariés

  • Comprendre son bulletin de paie : La CSG et la CRDS apparaissent sur des lignes distinctes. Il est utile de savoir les identifier et de comprendre comment elles sont calculées pour vérifier l'exactitude de son bulletin.
  • Anticiper l'impact sur le revenu net : Lors d'une augmentation de salaire ou de la perception d'une prime, il ne faut pas oublier que la CSG-CRDS viendra amputer le montant brut.
  • Conserver ses avis d'imposition : Ils sont essentiels pour justifier de son RFR et, le cas échéant, bénéficier de taux réduits de CSG sur d'autres revenus.

La CSG-CRDS et les frontaliers : un cas complexe

La situation des travailleurs frontaliers au regard de la CSG-CRDS est particulièrement complexe et a fait l'objet de nombreux contentieux. En principe, un travailleur frontalier qui réside en France et travaille dans un autre État de l'Espace Économique Européen (EEE) ou en Suisse est affilié au régime de sécurité sociale de son pays d'emploi. Selon le droit européen, il ne devrait donc pas être soumis à la CSG-CRDS, qui sont des contributions finançant la sécurité sociale française. Cependant, la France a longtemps considéré que la CSG-CRDS n'étaient pas des cotisations sociales mais des impôts, et les a donc prélevées sur les revenus d'activité et de remplacement des frontaliers. La Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) a condamné la France à plusieurs reprises sur ce point. La législation a donc évolué pour se conformer au droit européen, mais la situation reste complexe et nécessite une analyse au cas par cas, en fonction du pays d'emploi et de la nature des revenus.

L'impact de la CSG-CRDS sur le pouvoir d'achat

La CSG-CRDS, par son poids croissant dans les prélèvements obligatoires, a un impact significatif sur le pouvoir d'achat des ménages. Toute augmentation de son taux se traduit par une baisse du revenu net disponible. C'est pourquoi les débats sur la CSG sont souvent vifs. Les partisans d'une hausse mettent en avant la nécessité de financer notre modèle social, tandis que ses détracteurs soulignent son effet négatif sur la consommation et l'épargne. La CSG déductible permet d'atténuer cet impact pour les ménages imposables, mais pour les ménages non imposables, la CSG est un prélèvement net qui ampute directement leur revenu. L'équilibre entre la nécessité de financer la protection sociale et la préservation du pouvoir d'achat est donc au cœur des enjeux politiques liés à la CSG-CRDS.

La gestion de la CSG-CRDS en entreprise : un enjeu de conformité

Pour les entreprises, la gestion de la CSG-CRDS est un enjeu majeur de conformité. Le calcul de l'assiette et l'application des bons taux nécessitent une expertise technique et une veille juridique constante. Les erreurs de calcul peuvent entraîner des redressements de l'URSSAF, avec des pénalités financières à la clé. La Déclaration Sociale Nominative (DSN) a permis de simplifier et de fiabiliser la déclaration et le paiement de la CSG-CRDS, mais elle n'élimine pas le risque d'erreur. Les gestionnaires de paie doivent donc être particulièrement vigilants sur le paramétrage de leur logiciel de paie et sur le traitement des cas particuliers (stagiaires, apprentis, mandataires sociaux, etc.). Une bonne maîtrise de la CSG-CRDS est un gage de sécurité juridique pour l'entreprise.

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RY

Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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