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La contribution formation professionnelle 2026 : Taux et obligations

Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la contribution à la formation professionnelle (CFP) en 2026 : taux, calcul, déclaration et nouveautés concernant les contributions conventionnelles.

1 fevrier 2026
8 min de lecture
Par Rose Yemeli
La contribution formation professionnelle 2026 : Taux et obligations
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Introduction à la Contribution Formation Professionnelle (CFP) en 2026

La contribution à la formation professionnelle (CFP) représente un pilier essentiel du système français de formation continue. Elle incarne l'obligation légale pour les employeurs de participer au financement des actions de formation de leurs salariés et des demandeurs d'emploi. Ce mécanisme de solidarité vise à garantir l'accès à la compétence, à favoriser l'employabilité et à accompagner les transitions professionnelles tout au long de la vie. Pour les entreprises, elle constitue un investissement stratégique dans leur capital humain, un levier de compétitivité et d'adaptation aux mutations économiques et technologiques. En 2026, le paysage de cette contribution connaît des évolutions notables, notamment avec la généralisation du transfert du recouvrement des contributions conventionnelles à l'URSSAF, une mesure qui simplifie les démarches pour les entreprises mais qui requiert une vigilance accrue de la part des gestionnaires de paie.

Les obligations légales des employeurs : socle de la formation professionnelle

Le financement de la formation professionnelle repose sur un socle d'obligations légales qui s'imposent à la quasi-totalité des entreprises opérant sur le territoire français. Comprendre ces obligations est le point de départ d'une gestion de la paie et des ressources humaines conforme et optimisée.

Le principe : une contribution obligatoire pour toutes les entreprises

Quelle que soit leur forme juridique (société commerciale, association, etc.), leur secteur d'activité ou leur régime d'imposition, toutes les entreprises employant du personnel sont redevables de la contribution à la formation professionnelle. Cette universalité du principe garantit une participation large au financement du développement des compétences à l'échelle nationale. Il est important de noter que les travailleurs indépendants participent également au financement de leur propre formation via une contribution spécifique, ce qui souligne la portée globale de ce dispositif.

Le calcul de la contribution : taux et assiette

Le montant de la CFP est déterminé par l'application d'un taux sur la masse salariale brute de l'entreprise. Ce taux varie en fonction de l'effectif de l'entreprise, créant ainsi une progressivité de l'effort demandé.

L'assiette de calcul de la contribution est la masse salariale brute annuelle, c'est-à-dire l'ensemble des rémunérations soumises à cotisations de Sécurité sociale versées aux salariés au cours de l'année. L'effectif de l'entreprise, qui détermine le taux applicable, est calculé au niveau de l'entreprise et correspond à la moyenne du nombre de personnes employées au cours de chaque mois de l'année civile précédente.

Taux de la Contribution à la Formation Professionnelle (CFP) légale en 2026
Effectif de l'entreprise Taux de la CFP
Moins de 11 salariés 0,55 %
11 salariés et plus 1,00 %

À cette contribution principale s'ajoute une contribution spécifique pour les salariés en contrat à durée déterminée (CDD), connue sous le nom de CPF-CDD. Son taux est fixé à 1% des revenus d'activité versés à ces salariés, sauf dans certains cas de dérogation (contrats d'apprentissage, de professionnalisation, etc.).

Exemple chiffré : Une entreprise de 15 salariés a une masse salariale brute annuelle de 600 000 €. Le taux de CFP applicable est de 1%. La contribution due sera de 600 000 € * 1% = 6 000 € pour l'année. Si cette même entreprise a versé 50 000 € de salaires à des employés en CDD (hors cas de dérogation), elle devra également s'acquitter de la contribution CPF-CDD, soit 50 000 € * 1% = 500 €.

Le cas particulier du franchissement de seuil

Pour éviter des changements de taux brutaux liés à de faibles variations d'effectif, la législation a prévu un mécanisme de lissage. Le franchissement à la hausse du seuil de 11 salariés n'entraîne l'application du taux supérieur (1,00 %) que si l'effectif de l'entreprise atteint ou dépasse ce seuil pendant cinq années civiles consécutives. Ce dispositif offre une visibilité et une stabilité appréciables pour les entreprises en croissance.

Exemple : Une entreprise compte 10 salariés en 2022. Son effectif passe à 12 en 2023. Elle ne passera au taux de 1% qu'en 2028, à condition que son effectif soit resté égal ou supérieur à 11 salariés pour les années 2023, 2024, 2025, 2026 et 2027.

Les contributions conventionnelles : une nouvelle donne en 2026

En plus de la contribution légale, de nombreuses branches professionnelles ont mis en place des contributions dites "conventionnelles", destinées à financer des actions de formation spécifiques à leur secteur. L'année 2026 marque un tournant dans leur gestion.

Qu'est-ce qu'une contribution conventionnelle ?

Une contribution conventionnelle est une contribution supplémentaire, rendue obligatoire pour toutes les entreprises d'une branche par la signature d'un accord de branche étendu. Elle s'ajoute à la CFP légale et permet de financer des projets adaptés aux besoins spécifiques du secteur : développement de certifications de branche, formations sur des métiers en tension, etc. Son taux et son assiette sont définis par l'accord de branche.

Le transfert du recouvrement à l'URSSAF

La grande nouveauté de 2026 est la possibilité pour les branches professionnelles de confier le recouvrement de leurs contributions conventionnelles (de formation professionnelle et de dialogue social) à l'URSSAF. Auparavant collectées par les Opérateurs de Compétences (OPCO), ces contributions seront désormais, pour les branches ayant fait ce choix, déclarées et payées en même temps que les autres cotisations sociales, via la Déclaration Sociale Nominative (DSN). Cette centralisation vise à simplifier les démarches des employeurs.

Exemples de taux et de branches concernées en 2026

Plusieurs branches ont déjà opté pour ce transfert. Les gestionnaires de paie doivent donc être particulièrement vigilants et vérifier si leur convention collective est concernée.

Exemples de contributions conventionnelles de formation professionnelle recouvrées par l'URSSAF en 2026
Branche professionnelle (IDCC) Taux 2026 Évolution prévue
Hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979) 0,20 % 0,35 % en 2027, 0,50 % en 2028
Personnels de la Sécurité sociale (IDCC 0218) 0,15 % -

Déclaration et paiement : le rôle central de la DSN

La Déclaration Sociale Nominative (DSN) est devenue l'unique canal de déclaration et de paiement de la CFP et, pour les branches concernées, des contributions conventionnelles.

La déclaration mensuelle via la DSN

La CFP est déclarée et payée mensuellement. Les employeurs doivent renseigner dans leur DSN la masse salariale soumise à contribution et les taux applicables. Des codes types de personnel (CTP) spécifiques permettent d'identifier les différentes contributions :

  • CTP 959 : CFP pour les entreprises de moins de 11 salariés.
  • CTP 971 : CFP pour les entreprises de 11 salariés et plus.
  • CTP 987 : Contribution CPF-CDD.
  • CTP 845 : Contribution conventionnelle de formation professionnelle.

Conseils pratiques pour les gestionnaires de paie

Face à ces évolutions, les gestionnaires de paie doivent redoubler de vigilance :

  • Vérifier l'IDCC applicable : Il est crucial de s'assurer de l'Identifiant de Convention Collective (IDCC) appliqué dans l'entreprise pour savoir si une contribution conventionnelle est due et si son recouvrement est transféré à l'URSSAF.
  • Paramétrer le logiciel de paie : Les logiciels de paie doivent être mis à jour avec les nouveaux CTP et les taux de contributions conventionnelles applicables à l'entreprise. Une erreur de paramétrage peut entraîner des régularisations complexes.
  • Assurer une veille juridique et conventionnelle : Les taux et les modalités de contribution peuvent évoluer. Une veille régulière sur les sites de l'URSSAF, de l'OPCO de branche et sur Légifrance est indispensable.

Conclusion

La contribution formation professionnelle en 2026 s'inscrit dans une logique de simplification des démarches pour les employeurs, avec la centralisation du recouvrement par l'URSSAF. Cependant, cette simplification s'accompagne d'une complexité accrue en amont, lors du paramétrage de la paie. Plus que jamais, le rôle du gestionnaire de paie est stratégique pour garantir la conformité de l'entreprise et sécuriser sa participation au développement des compétences, un enjeu majeur pour l'avenir de l'économie française.

Sources officielles

SmartDataPay

L'assistant IA qui démystifie la paie avec des outils de consultation intelligente et une veille réglementaire automatisée.

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Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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