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Congé maternité : Droits, durée et traitement en paie

Durée du congé selon le nombre d'enfants, indemnisation CPAM, maintien de salaire... Le guide complet du congé maternité.

23 décembre 2025
14 min de lecture
Par Rose Yemeli
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Introduction

Le congé maternité est une période cruciale dans la vie d'une femme et d'une famille, mais aussi un sujet complexe en matière de gestion de la paie et des ressources humaines. En France, ce droit est solidement encadré par la loi pour protéger la santé de la mère et de l'enfant, tout en garantissant une sécurité financière. Cet article a pour vocation de démystifier le congé maternité, en abordant de manière pédagogique et exhaustive sa durée, les droits des salariées, et surtout, son traitement concret en paie pour l'année 2026.

Pour qui est cet article ? Que vous soyez une future maman, un gestionnaire de paie débutant ou un employeur soucieux de respecter ses obligations, ce guide complet vous apportera des réponses claires et des exemples pratiques.

Section 1 : Les bases du congé maternité

Avant de plonger dans les calculs et les procédures, il est essentiel de bien comprendre ce qu'est le congé maternité et qui peut y prétendre.

1.1. Qu'est-ce que le congé maternité ?

Le congé maternité est une période de repos obligatoire qui encadre la naissance d'un enfant. Il se compose de deux parties :

  • Le congé prénatal : la période avant la date présumée de l'accouchement.
  • Le congé postnatal : la période après l'accouchement.

Sa durée totale varie en fonction du nombre d'enfants déjà à charge et du nombre d'enfants à naître (naissance simple ou multiple).

1.2. Qui peut en bénéficier ?

Pour bénéficier du congé maternité et des indemnités journalières (IJ) versées par la Sécurité sociale, la salariée doit remplir certaines conditions à la date de début de son congé prénatal :

  • Être immatriculée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois.
  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils précédant le début du congé.
  • Ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédant le début du congé.

Point de vigilance : Il est crucial de vérifier que la salariée remplit bien ces conditions pour éviter toute mauvaise surprise concernant le versement des indemnités. Une vérification en amont avec les services de la CPAM est souvent une bonne pratique.

Section 2 : Durée du congé maternité en 2026

La durée légale du congé maternité est l'un des points les plus importants à maîtriser. Elle est fixée par le Code de la Sécurité sociale et peut être allongée par certaines conventions collectives.

2.1. Durée légale de base

Le tableau ci-dessous récapitule les durées standards du congé maternité pour 2026 :

Situation familiale Durée du congé prénatal Durée du congé postnatal Durée totale du congé
1ère ou 2ème naissance 6 semaines 10 semaines 16 semaines
3ème naissance ou plus 8 semaines 18 semaines 26 semaines
Naissance de jumeaux 12 semaines 22 semaines 34 semaines
Naissance de triplés ou plus 24 semaines 22 semaines 46 semaines

2.2. Report et aménagement du congé

La salariée a la possibilité d'aménager son congé prénatal. Avec l'accord de son médecin, elle peut demander à réduire son congé prénatal pour augmenter d'autant son congé postnatal. Le report peut aller jusqu'à 3 semaines.

Bon à savoir : En cas d'état pathologique résultant de la grossesse, le congé prénatal peut être augmenté de 2 semaines. De même, en cas de couches pathologiques, le congé postnatal peut être prolongé de 4 semaines.

Section 3 : Le calcul des indemnités journalières (IJ)

Pendant son congé maternité, la salariée ne perçoit plus son salaire habituel de la part de l'employeur (sauf maintien de salaire, voir section 4). Elle reçoit des indemnités journalières de la part de la Sécurité sociale. Le calcul de ces IJ est très spécifique.

3.1. Le calcul du salaire journalier de base

L'indemnité journalière est calculée à partir des salaires bruts des 3 mois précédant le congé prénatal (ou des 12 mois en cas d'activité saisonnière ou discontinue).

Formule de calcul du salaire journalier de base :

(Somme des 3 derniers salaires bruts) / 91,25

Le salaire pris en compte est plafonné au Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale (PMSS) de l'année en cours. Pour 2026, le PMSS est estimé à 3 864 € (valeur à confirmer par décret).

3.2. Montant de l'indemnité journalière en 2026

Une fois le salaire journalier de base calculé, la CPAM applique un taux de 100% et en déduit les charges sociales (CSG et CRDS) au taux de 21%.

  • Montant brut de l'IJ : Salaire journalier de base
  • Montant net de l'IJ : Salaire journalier de base - 21%

Pour 2026, les montants des IJ maternité sont encadrés :

  • Montant minimum : 11,02 € par jour.
  • Montant maximum : 104,02 € par jour avant déduction des charges.

Exemple concret : Une salariée a un salaire brut de 2 500 € par mois depuis plus d'un an. Son congé maternité débute le 15 mars 2026.
- Salaires bruts de référence (Déc 2025, Jan 2026, Fév 2026) : 2 500 € x 3 = 7 500 €
- Salaire journalier de base : 7 500 € / 91,25 = 82,19 €
- Montant de l'IJ brute : 82,19 €
- Montant de l'IJ nette (après CSG/CRDS) : 82,19 € * (1 - 0,21) = 64,93 €

Section 4 : Obligations de l'employeur et maintien de salaire

L'employeur a un rôle clé à jouer dans la gestion du congé maternité. Ses obligations vont de la simple déclaration à la gestion complexe du maintien de salaire.

4.1. La déclaration de l'arrêt de travail

Dès que la salariée informe l'employeur de sa grossesse et des dates de son congé, celui-ci doit établir une attestation de salaire. C'est ce document, transmis à la CPAM (souvent via la DSN), qui permettra à l'organisme de calculer et de verser les indemnités journalières.

Point de vigilance : Toute erreur ou retard dans la transmission de cette attestation peut entraîner un retard dans le versement des indemnités pour la salariée. Une double vérification des informations est donc primordiale.

4.2. Le maintien de salaire : une obligation ?

Le Code du travail n'impose pas à l'employeur de maintenir le salaire de la salariée pendant son congé maternité. Cependant, de nombreuses conventions collectives ou accords d'entreprise le prévoient.

On parle de subrogation lorsque l'employeur maintient le salaire et perçoit directement les IJ de la CPAM à la place de la salariée. Cela simplifie les démarches pour la salariée qui continue de recevoir un bulletin de paie et un salaire de son employeur.

Calcul du maintien de salaire (exemple) :

Salaire brut mensuel - Montant des IJ brutes perçues par l'employeur = Complément de salaire brut à verser

Ce complément est ensuite soumis à cotisations sociales.

Conseil d'expert : La mise en place de la subrogation est souvent la meilleure solution pour l'employeur et la salariée. Elle assure une continuité de revenus pour la salariée et permet à l'entreprise de mieux gérer sa trésorerie en récupérant les IJ au fil de l'eau.

Section 5 : Le retour de congé maternité

La fin du congé maternité est également une étape importante qui nécessite une attention particulière de la part de l'employeur.

5.1. La visite médicale de reprise

Dans les 8 jours qui suivent son retour, la salariée doit obligatoirement passer une visite médicale de reprise auprès du médecin du travail. Cette visite a pour but de vérifier que son poste de travail est compatible avec son état de santé.

5.2. Réintégration et droits de la salariée

À son retour, la salariée doit retrouver son emploi précédent ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente. De plus, la période de congé maternité est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des congés payés et de l'ancienneté.

Bonne pratique : Organisez un entretien de retour avec la salariée pour faire le point sur sa période d'absence, les éventuels changements dans l'entreprise et pour faciliter sa réintégration. C'est un signe de reconnaissance et de bienveillance très apprécié.

Conclusion

Le congé maternité est un dispositif complexe mais essentiel, au carrefour du droit du travail, de la sécurité sociale et de la gestion de la paie. Une bonne maîtrise de ses règles est indispensable pour garantir les droits des salariées et sécuriser les pratiques de l'entreprise. En 2026, les fondamentaux restent solides, mais une veille constante sur les évolutions des plafonds et des taux est nécessaire.

En suivant les bonnes pratiques et en s'appuyant sur des outils fiables, la gestion du congé maternité peut être abordée avec sérénité, pour le bien-être de la salariée et la conformité de l'entreprise.

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Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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