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Transparence salariale 2026 : Ce que dit la directive européenne

À partir de juin 2026, les entreprises devront publier des informations sur les écarts de rémunération. Préparez-vous dès maintenant.

27 janvier 2026
Mis à jour le 27 janvier 2026
4 min de lecture
Par Rose Yemeli
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La nouvelle directive européenne sur la transparence des rémunérations, qui doit être transposée en droit français avant le 7 juin 2026, s'apprête à modifier en profondeur les pratiques des entreprises en matière de politique salariale. Cette mesure législative vise principalement à combattre les inégalités salariales, notamment entre les femmes et les hommes, en instaurant des règles claires et des obligations de communication pour les employeurs.

Les nouvelles obligations pour les employeurs

La directive (UE) 2023/970 introduit un ensemble de mesures contraignantes pour les entreprises de plus de 50 salariés. Celles-ci visent à garantir une plus grande équité et transparence tout au long du parcours professionnel du salarié, du recrutement à l'évolution de sa carrière.

Transparence avant l'embauche

Le processus de recrutement est le premier concerné par ces nouvelles règles. Les entreprises devront faire preuve de clarté dès la publication de leurs offres d'emploi.

  • Affichage du salaire : Les employeurs auront l'obligation d'indiquer le niveau de salaire initial ou une fourchette de rémunération (par exemple, "entre 40 000 € et 45 000 € bruts annuels") directement dans l'annonce.
  • Interdiction de questionner sur les anciens salaires : Il sera formellement interdit de demander à un candidat quelle était sa rémunération lors de ses précédentes expériences professionnelles. L'objectif est de rompre avec la perpétuation des écarts de salaires passés.

Selon l'article 5 de la directive, cette information doit permettre "de garantir des négociations éclairées et transparentes sur la rémunération".

Droit à l'information pour les salariés en poste

Une fois en poste, les salariés bénéficieront d'un droit d'accès renforcé aux informations concernant la politique de rémunération de leur entreprise.

L'employeur devra communiquer de manière claire et accessible les critères objectifs et non-discriminatoires utilisés pour déterminer :

  • Les niveaux de rémunération par catégorie de postes ;
  • Les politiques de progression salariale (augmentations individuelles, promotions).

Ces critères peuvent inclure les compétences, les responsabilités, l'expérience ou encore la performance, mais ne doivent en aucun cas être basés sur le genre. Chaque salarié pourra ainsi comprendre comment son salaire est positionné et quelles sont ses perspectives d'évolution.

Obligation de reporting et d'action

La directive impose également des obligations de reporting régulier sur les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. La fréquence et le niveau de détail de ce reporting varient en fonction de la taille de l'entreprise.

Taille de l'entreprise (nombre de salariés) Fréquence du reporting Première échéance Obligation de correction (si écart > 5%)
250 et plus Annuelle 2027 Oui
150 à 249 Tous les 3 ans 2027 Oui
100 à 149 Tous les 3 ans 2031 Oui
50 à 99 Aucune obligation de reporting public N/A N/A (mais soumis au droit à l'information)

Il est crucial de noter que si un écart de rémunération moyen de plus de 5% est constaté et que l'employeur ne peut le justifier par des critères objectifs et non sexistes, il devra prendre des mesures correctives en coopération avec les représentants du personnel. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des sanctions.

Conséquences pratiques et préparation pour les entreprises

Pour se conformer à cette nouvelle réglementation, les entreprises vont devoir anticiper et adapter leurs processus internes. Cette transition représente une opportunité de moderniser la gestion des ressources humaines et de renforcer la confiance des salariés.

Actions à mettre en place

  • Audit des rémunérations : Analyser la structure salariale actuelle pour identifier les éventuels écarts injustifiés et les corriger avant l'entrée en vigueur de la loi.
  • Formalisation des critères : Définir et documenter de manière précise les grilles de salaires, les critères d'évaluation et les parcours de progression. Par exemple, une grille pourrait définir des niveaux de salaire basés sur des années d'expérience et des compétences techniques spécifiques pour un poste de "Comptable Confirmé".
  • Mise à jour des outils RH : Adapter les logiciels de paie et de gestion RH pour permettre l'extraction et l'analyse des données requises pour le reporting.
  • Communication et formation : Préparer une communication claire à destination des managers et des salariés pour expliquer les changements et les nouvelles politiques. Former les équipes RH et les recruteurs aux nouvelles obligations.

Renversement de la charge de la preuve

Un des changements juridiques les plus significatifs de cette directive est le renversement de la charge de la preuve. Jusqu'à présent, en cas de litige pour discrimination salariale, c'était au salarié de prouver que la différence de traitement était injustifiée.

Avec la nouvelle directive, si un salarié présente des faits laissant supposer une discrimination, ce sera à l'employeur de prouver que le principe de l'égalité de rémunération n'a pas été violé. Cette modification est issue de l'article 18 de la directive et renforce considérablement la position du salarié.

Par exemple, si une salariée constate qu'un collègue masculin au même poste et avec une ancienneté similaire perçoit une rémunération supérieure, elle pourra saisir la justice. L'entreprise devra alors fournir des éléments objectifs (différence de diplômes, de responsabilités, de performance individuelle mesurable) pour justifier cet écart.

Conclusion : les points clés à retenir

La directive sur la transparence salariale marque un tournant majeur pour la gestion de la paie en France. Loin d'être une simple contrainte administrative, elle incite les entreprises à adopter une politique de rémunération plus juste, plus transparente et mieux structurée. Pour les salariés, elle représente une avancée significative pour faire valoir leur droit à une rémunération équitable.

Les points essentiels à retenir sont :

  • Obligation de transparence dès l'offre d'emploi.
  • Droit à l'information pour les salariés sur les critères de rémunération.
  • Reporting obligatoire sur les écarts de salaires pour les entreprises de plus de 100 salariés.
  • Renversement de la charge de la preuve en cas de litige.

Les entreprises ont jusqu'au 7 juin 2026 pour se préparer. Il est donc impératif d'anticiper ces changements dès maintenant pour en faire un levier de performance sociale et de marque employeur.


Sources officielles

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Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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