Cotisations & Charges
Taxe sur les salaires : calcul et déclaration
Qui est concerné ? Comment calculer la taxe sur les salaires ? Barème progressif et abattement.
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La taxe sur les salaires est un impôt français qui concerne les employeurs non assujettis à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur la totalité de leur chiffre d'affaires. Elle est calculée sur la base des rémunérations versées aux salariés. Cet impôt présente des particularités importantes en matière de champ d'application, de calcul et de déclaration, qu'il est essentiel pour un employeur de maîtriser.
Verification editoriale du 12 juillet 2026. Le champ d'application, le barème 2026, la franchise, la décote, l'abattement association et les échéances déclaratives ont été contrôlés avec les sources officielles : BOFiP - base d'imposition , notice impots.gouv.fr 2501-SD 2026 , article 231 du CGI sur Légifrance et impots.gouv.fr - déclaration et paiement .
Qui est redevable de la taxe sur les salaires ?
Le critère principal d'assujettissement à la taxe sur les salaires est lié à la situation de l'employeur au regard de la TVA. Sont ainsi concernés les employeurs qui n'ont pas été assujettis à la TVA l'année du versement des rémunérations (année N-1), ou qui ne l'ont été que sur une partie de leur chiffre d'affaires.
Un employeur qui n'est pas du tout assujetti à la TVA sur son chiffre d'affaires est redevable de la taxe sur les salaires sur l'intégralité des rémunérations qu'il verse. C'est le cas de nombreuses activités exonérées de TVA, comme certaines professions médicales et paramédicales, les activités d'enseignement, ou encore la plupart des opérations des organismes sans but lucratif.
Employeurs partiellement assujettis à la TVA
Lorsqu'un employeur est assujetti à la TVA sur une partie seulement de son chiffre d'affaires, il est redevable de la taxe sur les salaires sur une fraction des rémunérations versées. Cette fraction est déterminée par le rapport entre les recettes qui n'ont pas ouvert droit à déduction de la TVA et le total des recettes.
Le calcul de l'assujettissement partiel se fait via un rapport d'assujettissement : (Chiffre d'affaires non soumis à TVA / Chiffre d'affaires total). L'assiette de la taxe sur les salaires est alors égale au montant total des rémunérations brutes multiplié par ce rapport.
Comment calculer la taxe sur les salaires ?
Le calcul de la taxe sur les salaires s'effectue en plusieurs étapes : la détermination de l'assiette, l'application d'un barème progressif, et la prise en compte d'éventuels abattements ou décotes.
L'assiette de la taxe sur les salaires est la même que celle des cotisations de Sécurité sociale. Elle comprend donc l'ensemble des rémunérations et avantages en nature versés aux salariés : salaires de base, primes, gratifications, indemnités de congés payés, pourboires, etc. Les rémunérations des dirigeants assimilés salariés (gérants minoritaires de SARL, présidents de SAS) sont également incluses.
La taxe est calculée en appliquant un barème progressif au montant total des rémunérations brutes individuelles versées à chaque salarié sur l'année. Le barème se décompose en plusieurs tranches avec des taux différents.
Fraction de la rémunération individuelle annuelle
Ces seuils correspondent au barème applicable aux rémunérations versées à compter du 1er janvier 2026. Les montants doivent être contrôlés à chaque millésime sur la notice officielle ou le CGI.
Prenons l'exemple d'un salarié avec une rémunération annuelle brute de 35 000 €. Le calcul de la taxe sur les salaires pour ce salarié sera le suivant :
Tranche 2 : (18 423 € - 9 229 €) * 8,50 % = 9 194 € * 8,50 % = 781,49 €
Tranche 3 : (35 000 € - 18 423 €) * 13,60 % = 16 577 € * 13,60 % = 2 254,47 €
Total de la taxe pour ce salarié : 392,23 € + 781,49 € + 2 254,47 € = 3 428,19 €
L'employeur doit effectuer ce calcul pour chaque salarié, puis additionner les montants pour obtenir la taxe totale due.
Des mécanismes d'allègement sont prévus pour les plus petits montants de taxe.
Franchise : Lorsque le montant total annuel de la taxe sur les salaires n'excède pas 1 200 €, l'employeur en est totalement exonéré. Aucune déclaration n'est nécessaire.
Décote : Si le montant annuel de la taxe est supérieur à 1 200 € mais inférieur à 2 040 €, une décote s'applique. Le montant de la décote est égal aux trois quarts de la différence entre 2 040 € et le montant de la taxe.
Les associations régies par la loi de 1901, les syndicats professionnels et leurs unions, ainsi que les mutuelles régies par le Code de la mutualité bénéficient d'un abattement spécifique sur le montant total de la taxe sur les salaires due. Cet abattement s'élève à 24 256 € pour la taxe due au titre des rémunérations versées en 2026. Il ne peut pas être cumulé avec la franchise ou la décote.
Les modalités de déclaration et de paiement de la taxe sur les salaires dépendent du montant de la taxe payée l'année précédente (N-1).
Périodicité de déclaration et de paiement
Au plus tard le 15 janvier de l'année N+1
Dans les 15 jours suivant la fin de chaque trimestre civil
Dans les 15 jours suivant la fin de chaque mois
La déclaration et le paiement se font de manière dématérialisée via le compte fiscal de l'entreprise sur le site des impôts. Pour les employeurs relevant du régime mensuel ou trimestriel, une déclaration annuelle de régularisation (formulaire n°2502) doit être souscrite au plus tard le 31 janvier de l'année suivante.
En résumé, la taxe sur les salaires est un impôt complexe dont la gestion rigoureuse est impérative pour les employeurs concernés. Les points clés à retenir sont :
L'assujettissement est directement lié à l'exonération de TVA.
Le calcul est basé sur les rémunérations individuelles et un barème progressif.
Des allègements existent (franchise, décote) ainsi qu'un abattement spécifique pour le secteur associatif.
Les obligations déclaratives varient selon le montant de la taxe due l'année précédente.
Une veille sur les évolutions des barèmes et des seuils est nécessaire pour garantir la conformité des déclarations. En cas de doute, il est toujours recommandé de se référer aux sources officielles comme le Bulletin Officiel des Finances Publiques-Impôts (BOFiP) ou de consulter un expert-comptable.