L'embauche d'un salarié : Formalités et premier bulletin
DPAE, visite médicale, contrat de travail, premier bulletin... Toutes les étapes de l'embauche côté paie.
Indemnité spécifique, régime social et fiscal, contribution patronale... Le guide de la rupture conventionnelle.
La rupture conventionnelle, dispositif permettant à l'employeur et au salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) de convenir d'un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail, connaît un succès grandissant en France. En 2026, sa gestion en paie reste un sujet technique qui mêle droit du travail et règles de cotisations. Cet article a pour vocation de vous guider pas à pas dans le traitement paie de la rupture conventionnelle, que vous soyez novice ou expert en la matière.
Le saviez-vous ? La rupture conventionnelle a été introduite en 2008 par la loi de modernisation du marché du travail. Elle offre une alternative à la démission et au licenciement, avec des avantages pour les deux parties.
Le traitement en paie de la rupture conventionnelle commence par le calcul de l'indemnité spécifique de rupture. Son montant ne peut être inférieur à celui de l'indemnité légale de licenciement. Cependant, de nombreuses conventions collectives prévoient des montants plus favorables.
La première étape est de toujours comparer le montant de l'indemnité légale avec celui prévu par la convention collective applicable à l'entreprise. Le montant le plus élevé pour le salarié devra être versé.
Indemnité légale minimale :
Le salaire de référence est la base sur laquelle l'indemnité est calculée. Il s'agit du montant le plus avantageux pour le salarié entre deux moyennes :
Point de vigilance : Pour le calcul de la moyenne des 3 derniers mois, les primes et gratifications exceptionnelles ou annuelles sont proratisées. Par exemple, une prime de fin d'année de 1200€ sera prise en compte à hauteur de 100€ par mois (1200€ / 12).
L'année 2026 marque un tournant dans le traitement social et fiscal des indemnités de rupture conventionnelle. Il est crucial de maîtriser ces nouvelles règles pour éviter tout risque de redressement URSSAF.
La part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales est limitée au plus petit des deux montants suivants :
La fraction de l'indemnité qui dépasse cette limite est soumise à cotisations sociales (part salariale et patronale).
L'indemnité de rupture conventionnelle est soumise à la CSG (Contribution Sociale Généralisée) et à la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) sur la part non exonérée de cotisations sociales, après un abattement de 1,75% pour frais professionnels.
Nouveauté 2026 : Le forfait social sur les indemnités de rupture conventionnelle est supprimé et remplacé par une contribution patronale unique, que le salarié soit en âge de bénéficier d'une pension de retraite ou non.
Depuis le 1er janvier 2026, une contribution patronale spécifique de 40% est due par l'employeur sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations de Sécurité Sociale.
L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des trois montants suivants :
Cette exonération est plafonnée à 6 fois le PASS, soit 288 360 € en 2026.
| Tranche de l'indemnité | Cotisations Sociales | CSG-CRDS | Contribution Patronale Spécifique | Impôt sur le Revenu |
|---|---|---|---|---|
| Partie exonérée | Non | Non | 40% | Non (dans la limite des plafonds) |
| Partie soumise | Oui | Oui | Non | Oui |
Prenons l'exemple de M. Dupont, un cadre avec 12 ans d'ancienneté, dont le salaire de référence est de 4 000 € bruts par mois. Il négocie une indemnité de rupture conventionnelle de 50 000 €.
Calcul :
L'indemnité versée (50 000 €) est bien supérieure au minimum légal.
On retient le plus élevé des 3 plafonds :
Plafond d'exonération fiscale retenu : 25 000 €. La part imposable sera de 50 000 € - 25 000 € = 25 000 €.
L'exonération est limitée au plus petit des 2 montants :
Plafond d'exonération sociale retenu : 25 000 €. La part soumise à cotisations sera de 50 000 € - 25 000 € = 25 000 €.
Une gestion rigoureuse de la rupture conventionnelle est essentielle pour sécuriser la procédure tant pour l'employeur que pour le salarié.
Le traitement en paie de la rupture conventionnelle en 2026 requiert une attention particulière, notamment avec l'introduction de la contribution patronale unique de 40%. Une maîtrise parfaite des règles de calcul de l'indemnité et de son régime social et fiscal est indispensable pour sécuriser la fin de la relation de travail. En suivant les bonnes pratiques et en restant vigilant sur les points clés, les professionnels de la paie peuvent naviguer ce processus avec confiance et précision.
Conseil d'expert : La mise en place d'une checklist interne pour chaque rupture conventionnelle est un excellent moyen de s'assurer que toutes les étapes, de la négociation à la déclaration sociale nominative (DSN), sont correctement suivies.
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Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
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