L'embauche d'un salarié : Formalités et premier bulletin
DPAE, visite médicale, contrat de travail, premier bulletin... Toutes les étapes de l'embauche côté paie.
Formule légale, comparaison avec la convention collective, régime social et fiscal... Tout sur l'indemnité de licenciement.
L'indemnité de licenciement est une somme versée par l'employeur au salarié en cas de rupture de son contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Elle vise à compenser le préjudice subi par le salarié du fait de la perte de son emploi. Le calcul de cette indemnité est strictement encadré par la loi, mais peut être plus favorable si une convention collective, un accord d'entreprise ou le contrat de travail le prévoit. Cet article vous guide pas à pas pour comprendre et estimer le montant auquel vous pourriez prétendre en 2026.
Le saviez-vous ? L'indemnité de licenciement n'est pas due en cas de faute grave ou lourde du salarié. De même, elle ne s'applique pas aux ruptures de contrat durant la période d'essai, aux démissions, ou aux fins de contrat à durée déterminée (CDD), qui ouvrent droit à une prime de précarité spécifique.
Pour prétendre à l'indemnité légale de licenciement, le salarié doit remplir deux conditions cumulatives :
Point de vigilance : L'ancienneté est un facteur clé. Une erreur de calcul, même de quelques jours, peut modifier vos droits. Elle se calcule jusqu'à la date de rupture effective du contrat, c'est-à-dire à la fin du préavis, même si celui-ci n'est pas effectué.
Certaines situations, comme un congé parental d'éducation, sont prises en compte pour moitié dans le calcul de l'ancienneté. Il est donc crucial de bien reconstituer sa carrière au sein de l'entreprise.
Le montant de l'indemnité légale de licenciement dépend de deux éléments : l'ancienneté du salarié et son salaire de référence. La formule de calcul a été revalorisée ces dernières années pour être plus favorable.
Le salaire de référence est la base sur laquelle sera appliquée la formule de calcul. La loi impose de retenir le montant le plus avantageux pour le salarié entre deux modes de calcul :
Bonne pratique : Prenez toujours le temps de calculer les deux moyennes. Un mois exceptionnellement bon (avec une prime par exemple) dans les trois derniers mois peut rendre cette option plus intéressante, même si la moyenne sur 12 mois semble plus stable.
Une fois le salaire de référence et l'ancienneté connus, le calcul de l'indemnité se fait par tranches :
Indemnité = (1/4 x Salaire de Référence x Ancienneté jusqu'à 10 ans) + (1/3 x Salaire de Référence x Ancienneté au-delà de 10 ans)
Concrètement, cela signifie que :
En cas d'année incomplète, l'indemnité est calculée proportionnellement au nombre de mois complets.
Pour illustrer, prenons un salaire de référence de 2 400 €.
| Ancienneté | Calcul détaillé | Montant de l'indemnité légale |
|---|---|---|
| 5 ans | (1/4 x 2400 €) x 5 | 3 000 € |
| 12 ans | [(1/4 x 2400 €) x 10] + [(1/3 x 2400 €) x 2] | 6 000 € + 1 600 € = 7 600 € |
| 20 ans et 6 mois | [(1/4 x 2400 €) x 10] + [(1/3 x 2400 €) x 10.5] | 6 000 € + 8 400 € = 14 400 € |
La loi fixe un minimum, mais de nombreuses conventions collectives nationales (CCN) prévoient des dispositions plus favorables pour le salarié. L'employeur est tenu d'appliquer le calcul le plus avantageux entre l'indemnité légale et l'indemnité conventionnelle.
Alerte expert : Ne vous arrêtez jamais au calcul légal ! Consultez systématiquement votre convention collective. Les différences peuvent être très significatives, avec des conditions d'ancienneté plus faibles, un salaire de référence plus avantageux, ou un montant par année d'ancienneté bien supérieur.
Les conventions collectives peuvent par exemple :
À titre d'exemple, la convention de la métallurgie pour les ingénieurs et cadres peut prévoir un calcul bien plus généreux que la loi. Un cadre de 55 ans avec 15 ans d'ancienneté pourrait se voir attribuer une indemnité majorée de 20%.
| Dispositif | Calcul pour 15 ans d'ancienneté (salaire de 4000€) | Montant estimé |
|---|---|---|
| Légal | [(1/4*4000)*10] + [(1/3*4000)*5] | 16 667 € |
| Convention Métallurgie (exemple fictif pour 2026) | (Calcul spécifique CCN, ex: 0.6 mois/année) + majoration âge | Potentiellement > 25 000 € |
Conseil pratique : Pour connaître votre convention collective, regardez votre bulletin de paie, votre contrat de travail, ou interrogez votre service RH. Le code APE/NAF de l'entreprise est un bon indicateur.
L'indemnité de licenciement bénéficie, dans certaines limites, d'une exonération d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales (CSG/CRDS). Comprendre ces règles est essentiel pour anticiper le montant net que vous percevrez.
La part de l'indemnité exonérée d'impôt est la plus élevée des trois limites suivantes :
Attention : Si l'indemnité versée est supérieure à 10 fois le PASS (463 680 € en 2026), elle est intégralement imposable dès le premier euro. Cette règle vise les très hautes indemnités.
Le régime social est également complexe. La part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales est limitée au plus petit des deux montants suivants :
La CSG et la CRDS sont dues sur la part de l'indemnité qui dépasse le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle, et ce, dans la limite du montant exonéré de cotisations sociales. Au-delà, la totalité de la fraction est soumise à cotisations.
Conseil d'expert : La complexité du régime fiscal et social justifie souvent de se faire accompagner. Une erreur peut coûter cher, tant pour le salarié (redressement fiscal) que pour l'employeur (redressement URSSAF). N'hésitez pas à demander une simulation détaillée à votre employeur.
Le calcul de l'indemnité de licenciement est une étape cruciale et souvent source d'anxiété lors d'une fin de contrat. En maîtrisant les concepts de salaire de référence, d'ancienneté et en ayant le réflexe de consulter sa convention collective, le salarié peut mieux appréhender ses droits et s'assurer que le montant proposé par l'employeur est correct. L'indemnité légale n'est qu'un socle minimal, et les dispositions conventionnelles sont fréquemment plus avantageuses.
Face à la complexité des règles, notamment sur le plan fiscal et social, l'utilisation de simulateurs en ligne est une première étape utile, mais ne remplace pas un conseil personnalisé. Pour des situations complexes ou en cas de doute, l'assistance d'un représentant du personnel, d'un syndicat ou d'un avocat spécialisé en droit du travail est fortement recommandée pour sécuriser la transaction et vivre plus sereinement cette transition professionnelle.
En résumé, les 3 étapes clés :
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Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
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