L'embauche d'un salarié : Formalités et premier bulletin
DPAE, visite médicale, contrat de travail, premier bulletin... Toutes les étapes de l'embauche côté paie.
Durée légale et conventionnelle, indemnité compensatrice, dispense à l'initiative de l'employeur ou du salarié.
La rupture d'un contrat de travail, qu'elle soit à l'initiative de l'employeur (licenciement) ou du salarié (démission), ne met généralement pas fin à la relation de travail de manière immédiate. Une période de transition, appelée préavis (ou délai-congé), doit le plus souvent être respectée. Cette période permet à l'employeur de trouver un remplaçant et au salarié de rechercher un nouvel emploi. Comprendre le fonctionnement du préavis est fondamental en gestion de la paie pour garantir la conformité légale et sécuriser la fin de contrat. Cet article vous guide à travers les règles de durée, de calcul et les cas de dispense du préavis en France.
Le saviez-vous ? Le préavis est une obligation réciproque. Si le salarié qui démissionne doit le respecter, l'employeur qui licencie est également tenu de laisser au salarié le temps nécessaire pour se retourner.
La durée du préavis n'est pas uniforme et dépend de plusieurs facteurs : le motif de la rupture, l'ancienneté du salarié et sa catégorie professionnelle (ouvrier, employé, agent de maîtrise, cadre). Pour la déterminer, il faut consulter les sources juridiques dans un ordre précis.
Point de vigilance : Toujours appliquer la durée de préavis la plus favorable au salarié. Par exemple, pour un licenciement, on retiendra la durée la plus longue. Pour une démission, on retiendra la plus courte.
Le Code du travail (article L1234-1) fixe les durées suivantes en cas de licenciement (hors faute grave ou lourde) :
| Ancienneté du salarié | Durée minimale du préavis |
|---|---|
| Moins de 6 mois | Selon convention collective ou usage |
| De 6 mois à moins de 2 ans | 1 mois |
| 2 ans et plus | 2 mois |
Pour les cadres, la durée du préavis est très souvent fixée par la convention collective et est généralement de 3 mois, que ce soit en cas de démission ou de licenciement. Cette durée plus longue se justifie par le niveau de responsabilités et la complexité du recrutement pour ce type de poste.
Le calcul précis des dates de début et de fin du préavis est une étape cruciale pour éviter tout litige. La méthode de décompte varie selon que la durée est exprimée en jours ou en mois.
Le préavis débute à la date de première présentation de la lettre de notification de la rupture (licenciement ou démission) envoyée en recommandé avec accusé de réception. Si la lettre est remise en main propre contre décharge, le préavis commence à la date de cette remise.
Bonne pratique : Privilégiez toujours la lettre recommandée avec accusé de réception. Elle constitue une preuve juridique incontestable de la date de notification et donc du point de départ du préavis.
Pour un préavis exprimé en mois, le calcul se fait "de date à date" (ou "de quantième à quantième").
Formule : Un préavis qui commence le X d'un mois N se termine le (X-1) du mois N + la durée du préavis en mois.
Exemple concret : Un cadre démissionne. Sa convention collective prévoit un préavis de 3 mois. Il envoie sa lettre de démission qui est présentée par le facteur le 15 mars 2026. Son préavis court du 15 mars au 14 juin 2026 inclus. Son contrat de travail prendra fin le 14 juin 2026 au soir.
Lorsque le préavis est exprimé en jours, on parle de jours calendaires, c'est-à-dire que tous les jours de la semaine sont comptabilisés (du lundi au dimanche, y compris les jours fériés).
Exemple concret : Un salarié avec 1 mois d'ancienneté démissionne. Sa convention collective prévoit un préavis de 14 jours. Sa démission est notifiée le 10 avril 2026. Le préavis se termine le 23 avril 2026 au soir (10 avril + 13 jours).
Dans certaines situations, le préavis n'est pas exécuté. On parle alors de dispense de préavis. Cette dispense peut venir de l'employeur, du salarié, ou d'un accord commun.
L'employeur peut décider de dispenser le salarié d'exécuter son préavis. Dans ce cas, le salarié n'a pas à venir travailler mais la rupture du contrat n'est effective qu'à la fin théorique du préavis. L'employeur doit alors verser une indemnité compensatrice de préavis.
Calcul de l'indemnité compensatrice de préavis : Elle est égale au salaire intégral qu'aurait perçu le salarié s'il avait travaillé pendant cette période (salaire de base + primes + avantages en nature, etc.). Elle est soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu.
Si le salarié demande à ne pas effectuer son préavis et que l'employeur accepte, le contrat de travail est rompu à la date convenue. L'employeur n'a alors aucune indemnité compensatrice de préavis à verser. Le salarié perd également le bénéfice des avantages liés à l'exécution du préavis.
Point de vigilance : L'acceptation de l'employeur doit être claire et non équivoque, idéalement formalisée par un écrit pour éviter tout contentieux ultérieur.
La loi prévoit des cas où le préavis n'a pas à être effectué :
Pendant toute la durée du préavis, le contrat de travail continue de s'exécuter normalement. Le salarié et l'employeur conservent leurs droits et obligations respectifs.
Conseil d'expert : La période de préavis peut être mise à profit pour organiser une passation de poste efficace. Un départ bien géré est bénéfique tant pour l'image de l'entreprise que pour le salarié partant.
Le préavis est une période charnière dans la relation de travail, encadrée par un formalisme précis. Sa bonne gestion est un gage de sécurité juridique pour l'employeur et de sérénité pour le salarié. En tant que gestionnaire de paie ou professionnel des RH, une maîtrise parfaite des règles de durée, de calcul et de dispense est indispensable. Il est crucial de toujours se référer à la convention collective applicable, qui prime souvent sur la loi, et de documenter chaque étape de la rupture du contrat. Une approche rigoureuse et anticipée permet de transformer cette période de transition en une fin de collaboration professionnelle et apaisée.
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Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
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