Retour au blog

La démission : Préavis et traitement en paie

Durée du préavis, dispense, indemnité compensatrice... Comment traiter une démission en paie.

18 novembre 2025
10 min de lecture
Par Rose Yemeli
Partager :

Introduction

La démission est une étape courante dans la vie professionnelle, mais sa gestion en paie peut s'avérer complexe. En tant que gestionnaire de paie, employeur ou salarié, il est crucial de maîtriser les règles qui entourent la fin du contrat de travail à l'initiative du salarié. Cet article vous guide pas à pas sur le traitement de la démission en paie, en abordant le préavis, le calcul des indemnités et le solde de tout compte.

Le saviez-vous ? La démission n'a pas à être motivée par le salarié. Elle doit cependant être claire et non équivoque. Une simple absence, même prolongée, ne peut être considérée comme une démission.

Section 1 : Le préavis de démission, une étape incontournable

Le préavis est la période durant laquelle le salarié continue de travailler entre la notification de sa démission et son départ effectif de l'entreprise. Sa durée est un élément central de la gestion de la démission.

1.1. Comment déterminer la durée du préavis ?

La durée du préavis n'est pas uniforme et dépend de plusieurs facteurs. Pour la déterminer, il faut consulter les sources dans l'ordre de priorité suivant :

  1. La convention collective ou un accord d'entreprise.
  2. Le contrat de travail, qui peut prévoir une durée plus courte que la convention collective, mais jamais plus longue.
  3. Les usages pratiqués dans la localité et la profession.
  4. La loi, qui ne fixe une durée que pour certaines professions (ex: VRP, journalistes).
Catégorie socio-professionnelle Durée de préavis indicative (souvent constatée)
Ouvriers 1 à 2 semaines
Employés 1 mois
Techniciens et Agents de Maîtrise (TAM) 2 mois
Cadres 3 mois

Point de vigilance : Toujours vérifier la convention collective applicable ! Les durées ci-dessus ne sont qu'indicatives et peuvent varier considérablement.

1.2. Le point de départ du préavis

Le préavis débute à la date de première présentation de la lettre de démission en recommandé avec accusé de réception, ou à la date de remise en main propre contre décharge. Il ne peut pas être reporté par la prise de congés payés, sauf accord entre les parties.

1.3. Les dispenses de préavis

Dans certains cas, le salarié peut être dispensé d'effectuer son préavis :

  • À l'initiative de l'employeur : L'employeur peut dispenser le salarié d'effectuer son préavis. Dans ce cas, il doit lui verser une indemnité compensatrice de préavis.
  • À la demande du salarié : Si le salarié demande à ne pas effectuer son préavis et que l'employeur accepte, aucune indemnité n'est due. Le contrat prend fin à la date convenue.
  • Cas légaux : Démission pour grossesse ou pour élever un enfant, ou à l'issue d'un congé pour création d'entreprise.

Section 2 : L'indemnité compensatrice de préavis

Lorsque le salarié est dispensé d'effectuer son préavis par l'employeur, une indemnité compensatrice doit être calculée et versée. Elle a le caractère de salaire et est soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu.

2.1. Formule de calcul

L'indemnité doit correspondre exactement au salaire qu'aurait perçu le salarié s'il avait travaillé pendant le préavis.

Indemnité Compensatrice de Préavis (ICP) = Salaire brut mensuel de référence x Nombre de mois de préavis

Le salaire de référence inclut le salaire de base, les primes contractuelles (13ème mois, prime de vacances au prorata), les heures supplémentaires si elles sont structurelles, et les avantages en nature.

2.2. Exemple concret

Un cadre démissionne. Sa convention collective prévoit un préavis de 3 mois. Son salaire brut mensuel est de 4 000 €, incluant une prime sur objectifs de 500 € en moyenne. L'employeur le dispense de préavis.

  • Salaire de référence : 4 000 €
  • Durée du préavis : 3 mois
  • Calcul de l'ICP : 4 000 € x 3 = 12 000 €

Le salarié percevra une indemnité brute de 12 000 €.

Bonne pratique : En cas de salaire variable, il est recommandé de prendre la moyenne des 12 derniers mois pour déterminer le salaire de référence, afin d'éviter tout litige.

Section 3 : Le solde de tout compte

À la fin du contrat de travail, l'employeur doit remettre au salarié son solde de tout compte. Ce document récapitule l'ensemble des sommes versées au salarié lors de la rupture.

3.1. Composition du solde de tout compte pour une démission

Le solde de tout compte inclut typiquement :

  • Le dernier salaire dû jusqu'à la date de fin de contrat.
  • L'indemnité compensatrice de préavis (si applicable).
  • L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) sur les congés acquis et non pris.
  • Le prorata des primes et gratifications prévues au contrat (ex: 13ème mois).
  • Le solde des jours de RTT non pris, s'ils sont monétisables dans l'entreprise.

3.2. Calcul de l'indemnité de congés payés (ICCP)

Deux méthodes de calcul existent, et la plus favorable au salarié doit être retenue :

  1. La règle du 1/10ème : L'indemnité est égale à 10% de la rémunération brute totale perçue par le salarié au cours de la période de référence.
  2. La règle du maintien de salaire : L'indemnité est égale à la rémunération que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé pendant sa période de congés.

ICCP (1/10ème) = (Salaires bruts de la période de référence) x 10%

ICCP (Maintien) = (Salaire brut du mois précédent) x (Jours de CP dus / Jours ouvrables du mois)

3.3. Les documents de fin de contrat

En plus du reçu pour solde de tout compte, l'employeur doit remettre au salarié :

  • Le certificat de travail.
  • L'attestation Pôle emploi (même en cas de démission, car elle peut être requise pour des démissions considérées comme légitimes).
  • Un état récapitulatif de l'ensemble des sommes et valeurs mobilières épargnées ou transférées au sein de l'entreprise (épargne salariale).

Point de vigilance : Le solde de tout compte est "quérable" et non "portable". Le salarié doit venir le chercher. L'employeur a l'obligation de l'informer de sa disponibilité.

Conclusion

La gestion de la démission en paie demande rigueur et méthode. Le respect des durées de préavis, le calcul précis des indemnités et l'établissement correct du solde de tout compte sont essentiels pour une fin de contrat sereine et conforme à la législation. Une bonne connaissance de la convention collective applicable reste la clé pour sécuriser le processus. N'hésitez pas à utiliser des outils de simulation et à vous faire accompagner en cas de situation complexe.

Conseil d'expert : Documentez chaque étape du processus de démission (lettre, accusé de réception, calculs détaillés) et conservez ces archives. Une communication claire et transparente avec le salarié partant est votre meilleur atout pour éviter les contentieux futurs.

Sous-traitance Activités Paie

Simplifiez la gestion administrative de vos salariés

Prise en charge complète de votre paie par nos équipes d'experts dédiés avec la garantie de conformité réglementaire.

Prendre rendez-vous

Cet article vous a été utile ? Partagez-le avec vos collègues !

RY

Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

Découvrir mes services

Restez informé

Recevez les dernières actualités paie directement dans votre boîte mail.

Articles similaires