L'embauche d'un salarié : Formalités et premier bulletin
DPAE, visite médicale, contrat de travail, premier bulletin... Toutes les étapes de l'embauche côté paie.
Durée du préavis, dispense, indemnité compensatrice... Comment traiter une démission en paie.
La démission est une étape courante dans la vie professionnelle, mais sa gestion en paie peut s'avérer complexe. En tant que gestionnaire de paie, employeur ou salarié, il est crucial de maîtriser les règles qui entourent la fin du contrat de travail à l'initiative du salarié. Cet article vous guide pas à pas sur le traitement de la démission en paie, en abordant le préavis, le calcul des indemnités et le solde de tout compte.
Le saviez-vous ? La démission n'a pas à être motivée par le salarié. Elle doit cependant être claire et non équivoque. Une simple absence, même prolongée, ne peut être considérée comme une démission.
Le préavis est la période durant laquelle le salarié continue de travailler entre la notification de sa démission et son départ effectif de l'entreprise. Sa durée est un élément central de la gestion de la démission.
La durée du préavis n'est pas uniforme et dépend de plusieurs facteurs. Pour la déterminer, il faut consulter les sources dans l'ordre de priorité suivant :
| Catégorie socio-professionnelle | Durée de préavis indicative (souvent constatée) |
|---|---|
| Ouvriers | 1 à 2 semaines |
| Employés | 1 mois |
| Techniciens et Agents de Maîtrise (TAM) | 2 mois |
| Cadres | 3 mois |
Point de vigilance : Toujours vérifier la convention collective applicable ! Les durées ci-dessus ne sont qu'indicatives et peuvent varier considérablement.
Le préavis débute à la date de première présentation de la lettre de démission en recommandé avec accusé de réception, ou à la date de remise en main propre contre décharge. Il ne peut pas être reporté par la prise de congés payés, sauf accord entre les parties.
Dans certains cas, le salarié peut être dispensé d'effectuer son préavis :
Lorsque le salarié est dispensé d'effectuer son préavis par l'employeur, une indemnité compensatrice doit être calculée et versée. Elle a le caractère de salaire et est soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu.
L'indemnité doit correspondre exactement au salaire qu'aurait perçu le salarié s'il avait travaillé pendant le préavis.
Indemnité Compensatrice de Préavis (ICP) = Salaire brut mensuel de référence x Nombre de mois de préavis
Le salaire de référence inclut le salaire de base, les primes contractuelles (13ème mois, prime de vacances au prorata), les heures supplémentaires si elles sont structurelles, et les avantages en nature.
Un cadre démissionne. Sa convention collective prévoit un préavis de 3 mois. Son salaire brut mensuel est de 4 000 €, incluant une prime sur objectifs de 500 € en moyenne. L'employeur le dispense de préavis.
Le salarié percevra une indemnité brute de 12 000 €.
Bonne pratique : En cas de salaire variable, il est recommandé de prendre la moyenne des 12 derniers mois pour déterminer le salaire de référence, afin d'éviter tout litige.
À la fin du contrat de travail, l'employeur doit remettre au salarié son solde de tout compte. Ce document récapitule l'ensemble des sommes versées au salarié lors de la rupture.
Le solde de tout compte inclut typiquement :
Deux méthodes de calcul existent, et la plus favorable au salarié doit être retenue :
ICCP (1/10ème) = (Salaires bruts de la période de référence) x 10%
ICCP (Maintien) = (Salaire brut du mois précédent) x (Jours de CP dus / Jours ouvrables du mois)
En plus du reçu pour solde de tout compte, l'employeur doit remettre au salarié :
Point de vigilance : Le solde de tout compte est "quérable" et non "portable". Le salarié doit venir le chercher. L'employeur a l'obligation de l'informer de sa disponibilité.
La gestion de la démission en paie demande rigueur et méthode. Le respect des durées de préavis, le calcul précis des indemnités et l'établissement correct du solde de tout compte sont essentiels pour une fin de contrat sereine et conforme à la législation. Une bonne connaissance de la convention collective applicable reste la clé pour sécuriser le processus. N'hésitez pas à utiliser des outils de simulation et à vous faire accompagner en cas de situation complexe.
Conseil d'expert : Documentez chaque étape du processus de démission (lettre, accusé de réception, calculs détaillés) et conservez ces archives. Une communication claire et transparente avec le salarié partant est votre meilleur atout pour éviter les contentieux futurs.
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Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.
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