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Départ volontaire vs mise à la retraite : conditions, indemnités, régime social et fiscal.

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Le départ à la retraite et la mise à la retraite sont deux mécanismes qui marquent la fin de la carrière professionnelle d'un salarié. Bien que leur finalité soit la même, ces deux procédures diffèrent fondamentalement dans leur initiative, leurs conditions et leurs conséquences financières. Comprendre ces distinctions est essentiel tant pour l'employeur que pour le salarié afin d'aborder cette transition sereinement et en conformité avec la législation.
Alors que le départ volontaire est une décision personnelle du salarié qui a atteint l'âge légal, la mise à la retraite est une possibilité offerte à l'employeur sous des conditions strictes, notamment liées à l'âge du collaborateur. Cet article détaille les spécificités de chaque dispositif, des conditions de mise en œuvre aux indemnités versées.
Le départ volontaire à la retraite est un droit pour tout salarié du secteur privé qui souhaite liquider ses droits à pension. L'initiative de la rupture du contrat de travail vient exclusivement de lui.
Pour pouvoir partir volontairement à la retraite, le salarié doit avoir atteint l'âge légal d'ouverture des droits. Depuis la réforme des retraites, cet âge est progressivement relevé de 62 à 64 ans, en fonction de l'année de naissance de l'assuré. Il n'est pas nécessaire d'avoir atteint l'âge du taux plein (67 ans) pour prendre cette décision.
Attention : Le salarié doit faire sa demande de retraite auprès des caisses de retraite (CNAV, Agirc-Arrco). Le point de départ de la retraite est toujours fixé au premier jour d'un mois et ne peut être antérieur au dépôt de la demande.
Le salarié qui décide de partir à la retraite doit notifier sa décision à son employeur par tout moyen conférant date certaine, bien qu'une lettre recommandée avec accusé de réception soit fortement conseillée. Il doit respecter un préavis dont la durée est identique à celle prévue en cas de licenciement, sauf disposition plus favorable d'une convention collective :
Tout salarié quittant volontairement l'entreprise pour prendre sa retraite a droit à une indemnité de départ, à condition de justifier d'au moins 10 ans d'ancienneté. Le montant minimum légal est fixé par le Code du travail :
Le salaire de référence est le plus avantageux pour le salarié entre le douzième de la rémunération brute des 12 derniers mois et le tiers de la rémunération des 3 derniers mois.
La mise à la retraite est la procédure par laquelle un employeur peut rompre le contrat de travail d'un salarié ayant atteint un certain âge. Cette possibilité est très encadrée par la loi pour protéger les salariés contre les discriminations liées à l'âge.
La procédure varie drastiquement selon l'âge du salarié :
Selon le Code du travail (Article L1237-5), toute mise à la retraite d'un salarié n'ayant pas atteint l'âge de 70 ans sans son accord est considérée comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
L'indemnité versée dans le cadre d'une mise à la retraite est plus favorable. Elle doit être au moins égale à l'indemnité légale de licenciement, soit :
Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir un montant plus élevé. Le salaire de référence est calculé de la même manière que pour l'indemnité de départ volontaire.
Pour y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des principales différences entre les deux dispositifs.
| Critère | Départ volontaire à la retraite | Mise à la retraite par l'employeur |
|---|---|---|
| Initiative | Salarié | Employeur |
| Condition d'âge | Dès l'âge légal (62-64 ans selon génération) | Possible dès 67 ans (avec accord) / Obligatoire possible dès 70 ans |
| Accord du salarié | N/A (sa décision) | Obligatoire avant 70 ans, non requis à partir de 70 ans |
| Indemnité minimale (légale) | Spécifique (ex: 0,5 mois pour 10 ans) | Égale à l'indemnité de licenciement (plus favorable) |
Les conséquences pour la paie ne s'arrêtent pas au montant brut. Le traitement social et fiscal des indemnités est un point crucial qui distingue encore les deux situations.
L'indemnité de départ volontaire est considérée comme un salaire. Elle est donc entièrement soumise aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS. De même, elle est intégralement imposable à l'impôt sur le revenu pour le salarié.
Le régime de l'indemnité de mise à la retraite est bien plus avantageux, car aligné sur celui des indemnités de licenciement. Elle est exonérée de cotisations sociales, de CSG-CRDS et d'impôt sur le revenu dans certaines limites, définies par le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).
Par exemple, pour le régime social, l'indemnité est exonérée de cotisations dans la limite de 2 fois le PASS (soit 92 736 € en 2024). Pour la CSG-CRDS, l'exonération s'applique dans la limite du montant légal ou conventionnel, plafonnée à la part exonérée de cotisations sociales. Ces plafonds complexes nécessitent une analyse précise en paie.
En synthèse, la distinction entre départ et mise à la retraite repose sur l'initiateur de la rupture. Cette différence fondamentale entraîne des conséquences en chaîne sur les conditions d'âge, la procédure à suivre, et surtout le montant et le régime fiscal et social des indemnités versées.
Le départ volontaire est un choix du salarié, moins avantageux financièrement mais offrant plus de liberté. La mise à la retraite, encadrée pour protéger le salarié, constitue une rupture à l'initiative de l'employeur offrant une indemnité plus conséquente et fiscalement plus douce. Une bonne connaissance de ces règles, issues notamment du Code du travail et des précisions du BOSS (Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale), est indispensable pour une gestion de la paie rigoureuse et sécurisée.

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