La convention collective nationale des commerces de gros (IDCC 573) est un texte de référence pour des milliers d'entreprises et de salariés en France. Elle définit les règles spécifiques qui régissent les relations de travail dans ce secteur d'activité dynamique, notamment en matière de rémunération, de classification et de conditions de travail. Chaque année, les partenaires sociaux négocient des évolutions, et 2026 ne fait pas exception.
Comprendre les subtilités de cette convention est essentiel tant pour les employeurs, qui doivent s'assurer de leur conformité légale, que pour les salariés, qui peuvent ainsi connaître précisément leurs droits. Cet article a pour objectif de détailler les nouveautés et les barèmes applicables pour l'année 2026, en se concentrant sur les grilles de salaires et les classifications professionnelles.
Grille des salaires 2026 dans le commerce de gros
La rémunération des salariés du commerce de gros est structurée par une grille de salaires qui fixe des minima pour chaque niveau et échelon de classification. Cette grille est un élément central de la convention collective et fait l'objet de négociations régulières pour s'adapter à l'évolution du coût de la vie et du SMIC.
Pour l'année 2026, la grille de salaires a été revalorisée. Il est impératif pour les employeurs de respecter ces nouveaux minima. Le non-respect de la grille de salaires peut entraîner des rappels de salaire et des sanctions financières. Il est à noter que le SMIC mensuel brut au 1er janvier 2026 est de 1 823,03 €, et ce montant doit être appliqué si le minimum conventionnel est inférieur.
| Niveau et échelon |
Coefficient |
Salaire minimum mensuel brut |
| 1.1 | 1.006 | 1 823,03 € * |
| 1.2 | 1.006 | 1 823,03 € * |
| 1.3 | 1.006 | 1 823,03 € * |
| 2.1 | 1.006 | 1 823,03 € * |
| 2.2 | 1.006 | 1 823,03 € * |
| 2.3 | 1.006 | 1 823,03 € * |
| 3.1 | 1.006 | 1 823,03 € * |
| 3.2 | 1.006 | 1 831,99 € |
| 3.3 | 1.006 | 1 842,98 € |
| 4.1 | 1.006 | 1 854,04 € |
| 4.2 | 1.006 | 1 865,16 € |
| 4.3 | - | 1 876,35 € |
| 5.1 | 1.0375 | 1 884,07 € |
| 5.2 | 1.0375 | 1 954,73 € |
| 5.3 | 1.0375 | 2 028,03 € |
| 6.1 | 1.0375 | 2 114,08 € |
| 6.2 | 1.0375 | 2 182,98 € |
| 6.3 | - | 2 264,84 € |
| 7.1 | 1.05 | 2 414,20 € |
| 7.2 | 1.05 | 2 534,91 € |
| 7.3 | 1.1573 | 2 661,66 € |
| 8.1 | 1.1 | 3 080,34 € |
| 8.2 | 1.1 | 3 388,37 € |
| 8.3 | 1.1 | 3 727,21 € |
| 9.1 | 1.1 | 4 099,93 € |
| 9.2 | 1.15 | 4 509,92 € |
| 10.1 | 1.2 | 5 186,41 € |
| 10.2 | - | 6 223,69 € |
* Le SMIC étant supérieur au minimum conventionnel, c'est le montant du SMIC qui s'applique.
Source : Accord du 2 mars 2017 relatif aux salaires minima au 1er mars 2017, étendu par arrêté du 4 février 1985 JORF 16 février 1985, et revalorisations ultérieures.
Comprendre les niveaux et échelons
La classification professionnelle est un système qui permet de positionner chaque salarié dans la grille de salaires en fonction de son emploi, de ses responsabilités et de son autonomie. Dans la convention collective du commerce de gros, cette classification repose sur 10 niveaux, eux-mêmes divisés en 3 échelons pour la plupart.
Les niveaux I à IV correspondent généralement aux employés et ouvriers, les niveaux V et VI aux techniciens et agents de maîtrise, et les niveaux VII à X aux cadres. L'échelon, quant à lui, permet de reconnaître l'expérience et la maîtrise du poste au sein d'un même niveau. Passer d'un échelon à un autre, ou d'un niveau à un autre, se traduit par une augmentation de la rémunération minimale.
Référence : La classification des emplois est définie en annexe de la convention collective nationale des commerces de gros. Il est essentiel de se référer à la fiche de poste du salarié pour déterminer son positionnement correct dans la grille.
La prime d'ancienneté : une garantie de rémunération
La convention collective du commerce de gros ne prévoit pas de "prime d'ancienneté" à proprement parler. En revanche, elle met en place un mécanisme de garantie de rémunération qui valorise la fidélité des salariés. Ce dispositif assure que le salaire brut annuel perçu par le salarié ne soit pas inférieur à un certain seuil, calculé en fonction de son ancienneté.
Secteur non alimentaire
Pour les entreprises du secteur non alimentaire, la garantie d'ancienneté est calculée sur la base des 12 salaires mensuels conventionnels de l'année écoulée, majorée selon les paliers suivants :
- 5 % après 4 ans d'ancienneté
- 9 % après 8 ans d'ancienneté
- 13 % après 12 ans d'ancienneté
- 17 % après 16 ans d'ancienneté
Secteur alimentaire
Dans le secteur alimentaire, la garantie est appelée "garantie annuelle de rémunération". Elle s'applique aux salariés ayant au moins un an d'ancienneté et correspond à la somme des 12 salaires mensuels conventionnels de l'année civile écoulée, majorée de 2 %.
Point d'attention : Si le total des salaires bruts perçus par le salarié sur l'année est inférieur à cette garantie, l'employeur doit verser la différence. Cette vérification doit être effectuée à la fin de chaque année civile.
Exemple concret de calcul de rémunération
Pour illustrer l'application de ces règles, prenons l'exemple d'un salarié du secteur non alimentaire, classé au niveau IV, échelon 2, avec 9 ans d'ancienneté dans l'entreprise.
- Salaire minimum conventionnel : Selon la grille 2026, son salaire mensuel brut minimum est de 1 865,16 €.
- Garantie d'ancienneté : Avec 9 ans d'ancienneté, il bénéficie d'une majoration de 9 %. La garantie annuelle se calcule sur la base des salaires conventionnels de l'année. Supposons que le minimum mensuel pour son niveau et échelon était de 1800€ en moyenne sur l'année N-1. La garantie annuelle serait de (1800€ 12) 1.09 = 23 544 €.
L'employeur devra donc s'assurer que la rémunération brute totale versée au salarié sur l'année 2026 (incluant d'éventuelles primes) est au moins égale à 23 544 €. Si ce n'est pas le cas, un complément de salaire devra être versé.
Conclusion : ce qu'il faut retenir pour 2026
La convention collective du commerce de gros (IDCC 573) est un cadre réglementaire essentiel qui évolue pour s'adapter aux réalités économiques. Pour 2026, l'attention doit particulièrement se porter sur l'application de la nouvelle grille des salaires minima, en veillant à ne jamais descendre en dessous du SMIC en vigueur.
Les employeurs doivent également être vigilants quant au respect de la classification professionnelle de leurs salariés, qui conditionne leur niveau de rémunération. Enfin, le mécanisme de garantie d'ancienneté, bien que n'étant pas une prime au sens strict, constitue un avantage important pour les salariés fidèles, dont le calcul doit être maîtrisé.
Une bonne connaissance de ces dispositions est un gage de relations de travail saines et conformes au droit du travail. Il est recommandé de consulter régulièrement les mises à jour de la convention collective et de se faire accompagner en cas de doute.