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Convention collective Commerce de gros (IDCC 573) : Grilles de salaires et primes 2026

Découvrez les grilles de salaires 2026, les classifications et les primes (Garantie d'ancienneté, GAR) de la convention collective du Commerce de Gros (IDCC 573).

1 fevrier 2026
10 min de lecture
Par Rose Yemeli
Convention collective Commerce de gros (IDCC 573) : Grilles de salaires et primes 2026
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Introduction à la Convention Collective du Commerce de Gros (IDCC 573)

La Convention Collective Nationale des commerces de gros, identifiée par le code IDCC 573 (et la brochure JO n°3044), constitue le texte de référence pour des milliers d'entreprises et de salariés en France. Elle définit un cadre juridique complet qui adapte les dispositions générales du Code du travail aux spécificités du secteur du commerce interentreprises. Ce texte est essentiel car il régit les relations de travail, depuis l'embauche jusqu'à la rupture du contrat, en passant par des éléments cruciaux comme la classification des emplois, la durée du travail, les congés et, bien sûr, la rémunération.

En tant que gestionnaire de paie, DRH ou chef d'entreprise, la maîtrise de cette convention est indispensable pour garantir la conformité de vos pratiques et sécuriser vos relations avec vos salariés. Pour les salariés, elle représente un socle de droits garantissant une équité de traitement et des avantages souvent plus favorables que la loi. Cet article a pour vocation de vous fournir un guide complet et à jour pour l'année 2026, en se concentrant sur deux aspects fondamentaux : les grilles de salaires et les primes conventionnelles.

Champ d'application : votre entreprise est-elle concernée ?

Avant d'appliquer les dispositions de la CCN du Commerce de Gros, il est primordial de s'assurer que votre entreprise entre bien dans son champ d'application. Cette vérification passe principalement par l'analyse de votre Activité Principale Exercée (APE).

La convention s'applique aux entreprises dont l'activité principale est le commerce de gros, c'est-à-dire l'achat et la revente de marchandises à d'autres entreprises, des professionnels ou des collectivités. Les secteurs sont variés et incluent, sans s'y limiter, le commerce de gros de biens domestiques, d'équipements industriels, de produits alimentaires, etc.

Il est important de noter qu'il existe des conventions collectives spécifiques pour certains secteurs du commerce de gros, comme celui à prédominance alimentaire (IDCC 2216). Si votre activité relève d'une de ces conventions spécifiques, c'est cette dernière qui prime. En l'absence de convention spécifique, la CCN IDCC 573 s'applique. En cas de doute, le code APE/NAF attribué par l'INSEE est un indicateur clé, bien que ce soit l'activité réellement exercée qui détermine l'assujettissement.

La classification des emplois : niveaux et échelons

La convention collective du Commerce de Gros structure les emplois en une grille de classification hiérarchique. Cette classification est déterminante car elle positionne chaque salarié sur la grille des salaires minima. Le système repose sur une combinaison de niveaux et d'échelons.

  • Les niveaux (de I à X) correspondent à des degrés de responsabilité, de technicité, d'autonomie et de complexité des tâches.
  • Les échelons (généralement de 1 à 3 au sein de chaque niveau) permettent une progression plus fine à l'intérieur d'un même niveau, souvent liée à l'expérience ou à l'acquisition de compétences.

Cette grille couvre l'ensemble des catégories socio-professionnelles :

  • Ouvriers/Employés : Niveaux I à IV
  • Techniciens et Agents de Maîtrise (TAM) : Niveaux V et VI
  • Cadres : Niveaux VII à X

Tableau récapitulatif de la classification

Catégorie Niveaux Description générale
Ouvriers / Employés I à IV Tâches d'exécution, nécessitant des connaissances professionnelles de base. L'autonomie est limitée et le contrôle hiérarchique est constant.
Techniciens / Agents de Maîtrise V à VI Tâches nécessitant une qualification reconnue et une expérience. Comporte une part d'initiative et de responsabilité. Peut impliquer l'encadrement d'une petite équipe.
Cadres VII à X Fonctions de conception, d'organisation, de gestion et d'encadrement. Large autonomie et responsabilités importantes pour la bonne marche d'un service ou de l'entreprise.

Grilles de salaires 2026 : les rémunérations minimales

La rémunération est l'un des piliers de la convention collective. Chaque année, les partenaires sociaux négocient les salaires minima applicables. Pour 2026, bien que les négociations puissent encore évoluer, nous nous basons sur les dernières grilles disponibles et les revalorisations anticipées, notamment celle du SMIC.

Il est crucial de distinguer deux modes de lecture de la grille :

  • Du niveau I à VI : Le salaire minimum est apprécié mensuellement, pour une base de 151,67 heures.
  • Du niveau VII à X (Cadres) : Le salaire minimum est apprécié annuellement. Il faut donc comparer la rémunération brute annuelle totale du cadre avec le minimum annuel conventionnel de son niveau.

Grille des salaires minima mensuels et annuels pour 2026 (estimation)

Niveau Échelon Salaire minimum brut mensuel (Niveaux I à VI) Salaire minimum brut annuel (Niveaux VII à X)
I11 823,03 € *-
I21 823,03 € *-
I31 823,03 € *-
II11 823,03 € *-
II21 823,03 € *-
II31 823,03 € *-
III11 823,03 € *-
III21 831,99 €-
III31 842,98 €-
IV11 854,04 €-
IV21 865,16 €-
IV31 876,35 €-
V11 884,07 €-
V21 954,73 €-
V32 028,03 €-
VI12 114,08 €-
VI22 182,98 €-
VI32 264,84 €-
VII1-28 970,40 €
VII2-30 418,92 €
VII3-31 939,92 €
VIII1-36 964,08 €
VIII2-40 660,44 €
VIII3-44 726,52 €
IX1-49 199,16 €
IX2-54 119,04 €
X1-62 236,92 €
X2-74 684,28 €

* Salaire aligné sur le SMIC mensuel brut estimé pour 2026 (1 823,03 €), car le minimum conventionnel est inférieur. L'employeur doit toujours appliquer le montant le plus favorable au salarié.

Exemples concrets

  • Exemple 1 : Gestionnaire de paie (Niveau IV, échelon 2)
    Pour un poste de gestionnaire de paie classé au niveau IV, échelon 2, le salaire mensuel brut minimum en 2026 ne pourra être inférieur à 1 865,16 €.
  • Exemple 2 : Chef des ventes (Niveau VIII, échelon 1)
    Un chef des ventes, cadre au niveau VIII, échelon 1, devra percevoir une rémunération brute annuelle totale (incluant fixe, variable, primes...) d'au moins 36 964,08 €.

Primes et avantages : au-delà du salaire de base

La convention collective du Commerce de Gros prévoit des dispositifs qui viennent compléter le salaire de base, notamment pour récompenser la fidélité des salariés. Il est essentiel de bien les comprendre car leur terminologie peut prêter à confusion.

La Garantie d'Ancienneté (Secteur non-alimentaire)

Contrairement à une idée reçue, la CCN 573 ne prévoit pas de prime d'ancienneté versée mensuellement. À la place, elle institue une Garantie d'Ancienneté pour le secteur non-alimentaire. Il s'agit d'une majoration du total des salaires minima conventionnels sur l'année, qui se déclenche à partir de 4 ans d'ancienneté.

Le calcul est annuel : on compare la rémunération brute totale perçue par le salarié sur l'année civile (hors certains éléments comme les heures supplémentaires) avec le montant de la garantie. Si la rémunération est inférieure, l'entreprise doit verser un complément.

Grille de la Garantie d'Ancienneté (non-alimentaire)

Ancienneté dans l'entreprise Majoration de la somme des 12 minima mensuels
Après 4 ans + 5 %
Après 8 ans + 9 %
Après 12 ans + 13 %
Après 16 ans + 17 %

La Garantie Annuelle de Rémunération (GAR) (Secteur alimentaire)

Pour le secteur alimentaire, le mécanisme est légèrement différent. La Garantie Annuelle de Rémunération (GAR) s'applique aux salariés ayant au moins 1 an d'ancienneté. Elle est égale à la somme des 12 salaires mensuels conventionnels de l'année civile écoulée, majorée de 2%. Le principe de vérification et de complément de salaire en fin d'année reste le même que pour la garantie d'ancienneté du secteur non-alimentaire.

Autres primes et indemnités

La convention peut également prévoir d'autres types de primes liées à des conditions de travail particulières (travail de nuit, etc.) ou des indemnités spécifiques (licenciement, départ à la retraite). Il est conseillé de se référer au texte intégral de la convention pour le détail de ces dispositions.

Conseils pratiques pour les gestionnaires de paie

  1. Auditez vos classifications : Assurez-vous que chaque salarié est correctement positionné dans la grille (niveau et échelon) en fonction des tâches réellement effectuées. Une classification erronée est une source de risque prud'homal.
  2. Vérifiez les minima à chaque paie : Le respect du salaire minimum conventionnel (ou du SMIC, si plus favorable) est une obligation absolue. Paramétrez des alertes dans votre logiciel de paie.
  3. Anticipez les calculs annuels : Les garanties d'ancienneté (non-alimentaire) et annuelle de rémunération (alimentaire) se calculent en fin d'année. Préparez un état des lieux en novembre pour estimer les éventuels compléments à verser sur la paie de décembre ou de janvier.
  4. Mentionnez la CCN sur le bulletin de paie : C'est une mention obligatoire qui doit figurer sur chaque bulletin de salaire.
  5. Restez en veille : Les grilles de salaires et les dispositions de la convention évoluent. Abonnez-vous à des services de veille juridique ou consultez régulièrement les sites officiels pour ne manquer aucune mise à jour.

Conclusion

La convention collective du Commerce de Gros est un outil complexe mais indispensable pour une gestion de la paie juste et conforme. En 2026, une attention particulière devra être portée à l'articulation entre les minima conventionnels et un SMIC en hausse, ainsi qu'au calcul des garanties annuelles qui récompensent la fidélité des salariés. Une application rigoureuse de ces règles est un gage de sécurité juridique pour l'entreprise et de bon climat social.

Sources officielles

  • Légifrance : Pour consulter le texte intégral et les avenants de la convention collective IDCC 573.
  • Code du travail numérique : Pour des fiches pratiques et des réponses aux questions fréquentes.
  • URSSAF : Pour les informations relatives aux cotisations sociales et aux bases de calcul.

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Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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