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Exemple de bulletin de paie : Temps partiel 24h/semaine - Proratisation, heures complémentaires et cotisations

Un guide complet pour comprendre et calculer un bulletin de paie pour un temps partiel de 24h/semaine en 2026, incluant la proratisation, les heures complémentaires et les cotisations.

1 février 2026
8 min de lecture
Par Rose Yemeli
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Exemple de bulletin de paie : Temps partiel 24h/semaine - Proratisation, heures complémentaires et cotisations

Introduction

La gestion de la paie pour les salariés à temps partiel présente des subtilités qu’il est essentiel de maîtriser pour tout professionnel des ressources humaines, gestionnaire de paie ou expert-comptable. Contrairement au régime à temps plein, le temps partiel impose des calculs spécifiques, notamment en ce qui concerne la proratisation du salaire et du plafond de la Sécurité sociale, ainsi que le traitement des heures complémentaires. Ces particularités, si elles sont mal appréhendées, peuvent être source d’erreurs coûteuses et de contentieux.

Cet article a pour objectif de vous fournir un guide pratique et détaillé, illustré par un cas concret : un salarié à temps partiel travaillant 24 heures par semaine. Nous aborderons pas à pas les différentes étapes du calcul de sa rémunération, depuis le salaire de base jusqu’au net à payer, en passant par la gestion des heures complémentaires majorées et le calcul des cotisations sociales. Les exemples chiffrés sont basés sur les valeurs prévisionnelles pour 2026, vous offrant ainsi une vision prospective et pertinente.

En suivant cet exemple, vous serez en mesure de sécuriser vos pratiques, de garantir la conformité de vos bulletins de paie et de répondre avec précision aux questions de vos collaborateurs. Nous mettrons également en lumière les points de vigilance et les erreurs à ne pas commettre, pour faire de la paie à temps partiel un exercice maîtrisé et serein.

Le contexte : un salarié à temps partiel en 2026

Pour illustrer notre propos, nous prendrons l’exemple d’un salarié non-cadre, travaillant dans une entreprise de plus de 50 salariés. Son contrat de travail prévoit une durée hebdomadaire de 24 heures, pour un salaire mensuel brut de base de 1 500 €.

Voici les données de référence que nous utiliserons pour nos calculs, basées sur les estimations pour l’année 2026 :

Donnée Valeur 2026
SMIC horaire brut 11,88 €
Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale (PASS) 3 925 €
Durée légale du travail 35 heures/semaine (soit 151,67 heures/mois)

Le salarié a effectué 4 heures complémentaires au cours du mois, à la demande de son employeur. La convention collective de l’entreprise prévoit une majoration des heures complémentaires conformément au régime légal.

1. Calcul du salaire brut

La première étape consiste à déterminer le salaire brut du mois, en incluant le salaire de base et la rémunération des heures complémentaires.

1.1. La proratisation du salaire

Le salaire de base de 1 500 € pour 24h/semaine est déjà une donnée contractuelle. Cependant, il est toujours bon de vérifier sa conformité par rapport au SMIC. Le SMIC mensuel pour 24h/semaine se calcule comme suit :

(SMIC horaire x Durée hebdomadaire x 52 semaines) / 12 mois = SMIC mensuel (11,88 € x 24h x 52) / 12 = 1 235,52 €

Le salaire de base de 1 500 € est bien supérieur au SMIC pour un contrat de 24h/semaine.

1.2. Le calcul des heures complémentaires

Les heures complémentaires sont les heures effectuées au-delà de la durée contractuelle (24h), sans dépasser la durée légale (35h). Leur rémunération est majorée.

La loi prévoit deux paliers de majoration :

  • +10% pour les heures effectuées dans la limite de 1/10ème de la durée du travail.
  • +25% pour les heures effectuées au-delà de 1/10ème et jusqu'à 1/3 de la durée du travail (si un accord de branche ou d'entreprise le prévoit).

Dans notre cas, la durée contractuelle est de 24 heures. Le seuil de 1/10ème est donc de 2,4 heures (24h * 1/10).

Le salarié a effectué 4 heures complémentaires. Le calcul de leur majoration se décompose ainsi :

  • 2,4 heures majorées à 10%
  • 1,6 heures majorées à 25% (4h - 2,4h)

Le taux horaire du salarié est de 14,42 € (1 500 € / (24h * 52 / 12)).

- Rémunération des 2,4 premières heures : 2,4h * 14,42 € * 110% = 38,07 € - Rémunération des 1,6 heures suivantes : 1,6h * 14,42 € * 125% = 28,84 € - Total des heures complémentaires : 38,07 € + 28,84 € = 66,91 €

1.3. Le salaire brut total

Le salaire brut total est la somme du salaire de base et des heures complémentaires.

Salaire brut = Salaire de base + Heures complémentaires Salaire brut = 1 500 € + 66,91 € = 1 566,91 €

2. Le calcul des cotisations sociales

Le calcul des cotisations sociales pour un temps partiel nécessite de proratiser le Plafond de la Sécurité Sociale (PASS).

2.1. La proratisation du PASS

Le PASS est utilisé comme base de calcul pour de nombreuses cotisations. Pour un salarié à temps partiel, il doit être ajusté en fonction de sa durée de travail.

PASS proratisé = PASS mensuel * (Durée contractuelle / Durée légale) PASS proratisé = 3 925 € * ((24h * 52 / 12) / 151,67h) = 2 715,86 €
Attention : la formule de proratisation peut aussi se baser sur le rapport entre le salaire brut et le salaire qui aurait été perçu à temps plein. Cependant, la méthode basée sur la durée du travail est la plus courante et la plus sûre.

2.2. Le tableau des cotisations

Voici un exemple simplifié du calcul des cotisations salariales et patronales sur la base du salaire brut de 1 566,91 € et du PASS proratisé.

Cotisation Base de calcul Taux salarial Montant salarial Taux patronal Montant patronal
Sécurité Sociale - Maladie 1 566,91 € - - 7,00% 109,68 €
Sécurité Sociale - Vieillesse plafonnée 1 566,91 € 6,90% 108,12 € 8,55% 134,00 €
Sécurité Sociale - Vieillesse déplafonnée 1 566,91 € 0,40% 6,27 € 1,90% 29,77 €
Allocations familiales 1 566,91 € - - 3,45% 54,06 €
CSG / CRDS (non imposable) 1 535,57 € 2,90% 44,53 € - -
CSG (imposable) 1 535,57 € 6,80% 104,42 € - -
Retraite complémentaire T1 1 566,91 € 3,15% 49,36 € 4,72% 74,00 €
Prévoyance 1 566,91 € 0,75% 11,75 € 1,50% 23,50 €
Total des cotisations 324,45 € 425,01 €
La base de calcul de la CSG/CRDS est de 98,25% du salaire brut, soit 1 566,91 € * 98,25% = 1 539,51 €. Cependant, pour les heures complémentaires, l'abattement ne s'applique pas sur la part exonérée. Pour simplifier, nous utilisons une base légèrement ajustée.

3. Du brut au net

Le salaire net avant impôt sur le revenu est obtenu en déduisant le total des cotisations salariales du salaire brut.

Salaire net avant impôt = Salaire brut - Total des cotisations salariales Salaire net avant impôt = 1 566,91 € - 324,45 € = 1 242,46 €

Il faut ensuite appliquer le prélèvement à la source (PAS) pour obtenir le salaire net à payer. Le taux du PAS est propre à chaque salarié. Pour notre exemple, nous supposerons un taux neutre pour un célibataire, qui serait de 4,10% sur cette tranche de revenus en 2026.

Montant du PAS = 1 242,46 € * 4,10% = 50,94 € Salaire net à payer = 1 242,46 € - 50,94 € = 1 191,52 €

Points d'attention et erreurs à éviter

* **Ne pas confondre heures complémentaires et heures supplémentaires** : Les régimes de majoration et de contingent sont différents. * **Oublier de proratiser le plafond de la Sécurité Sociale** : Cela peut entraîner des erreurs de calcul sur les cotisations plafonnées (retraite, prévoyance...). * **Mauvais calcul de la majoration des heures complémentaires** : Il est crucial de bien identifier le seuil de 1/10ème de la durée contractuelle pour appliquer les deux taux de majoration (10% et 25%). * **Dépassement de la durée légale** : Un salarié à temps partiel ne doit jamais atteindre 35 heures de travail sur une semaine via les heures complémentaires. Si cela arrive de manière récurrente, le contrat peut être requalifié en temps plein.

Conclusion

La réalisation d’un bulletin de paie pour un salarié à temps partiel, bien que plus complexe qu’un bulletin classique, repose sur une méthodologie rigoureuse. La proratisation du plafond et le calcul précis des heures complémentaires en sont les deux piliers. En maîtrisant ces aspects, vous assurez la conformité de vos paies et prévenez les risques de contentieux.

Nous espérons que cet exemple détaillé vous aura éclairé sur les bonnes pratiques à adopter. Pour aller plus loin, n’hésitez pas à vous doter d’un logiciel de paie performant qui automatisera ces calculs complexes et sécurisera vos processus. Vous pouvez également consulter nos autres articles dédiés à la gestion de la paie pour approfondir vos connaissances.

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Rose Yemeli

Experte paie depuis 14 ans, formatrice et créatrice de SmartDataPay.

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